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Ousmane Ndiaye Compliqué parrain des tournois de Ndiagne et de Hatioum : « Nous serons toujours à la disposition de la jeunesse casamançaise »

Scoopsdeziguinchor.com : Ousmane Ndiaye Compliqué. La seule évocation de ce nom fait ressurgir la belle épopée du football casamançais avec une génération de footballeurs doués et talentueux. Une génération dont les noms sont à jamais gravés dans la mémoire collective des casamançais suite à leur finale de coupe du Sénégal remportée de fort belle manière en 1979 face à la grande équipe du Jaraaf. Ousmane Ndiaye Compliqué l’un des grands artisans de cette finale à coté, entre autres, de Jules François Bocandé, Demba Ramata Ndiaye, Tidiane Diémé et de son frère Bassirou Ndiaye (auteur des deux buts du Casa sports lors de cette finale) est de ceux qui, plus de 30 ans après s’activent encore et toujours, pour le triomphe de ce football qui a leur a tant donné et pour cette jeunesse qui est aujourd’hui sa raison de vivre. Et c’est au détour d’un tournoi de football organisé à Hatioum dans les Kalounayes que l’homme est une nouvelle fois revenu face à la presse sur sa passion, ses souvenirs mais également sur son ambition et ses projets pour la jeunesse. Non sans manquer d’inviter les populations à soutenir le Casa Sports qui joue la finale de la Coupe du Sénégal ce samedi contre le Touré Kunda de Mbour. Entretien…..
testimg1 p>Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Ousmane Ndiaye. je suis le parrain de ce tournoi de football de Hatioum

D’où vous est venu le pseudo « Compliqué » ?

Comme j’ai souvent l’habitude de le dire c’est venu en dehors du foot. C’était au cours d’une partie de belote. Puis ça été cultivé par les journalistes et je l’ai finalement prolongé de mon coté

Nous sommes ce mercredi à Hatioum pour les besoins d’un tournoi de foot après celui organisé le week-end dernier à Ndiagne, comment est né en vous l’idée d’organiser de telles manifestations ?

L’idée ne vient pas de moi mais plutôt de ceux qui me l’ont demandé comme les populations de Ndiagne il y a 9 ans. C’était à l’occasion d’une semaine culturelle en la mémoire de Tété Diédhiou. Et c’est là que les enfants et les petits enfants de Tété m’ont demandé de parrainer un tournoi de foot à Ndiagne, ce que j’ai accepté. Et depuis ce jour là j’ai été nommé comme président d’honneur de la jeunesse de Ndiagne. J’ai fait les huit (08) éditions avec plaisir ce qui fait que je fais partie maintenant des meubles de Ndiagne. Ensuite c’est Hatioum et ce sera Kartiack également car on m’a proposé d’être le parrain des étudiants de cette localité et j’ai aussi accepté. Et honnêtement c’est avec plaisir que je fais tout cela.

Cette jeunesse il faut le reconnaitre est désœuvrée et vit un chômage endémique ; et d’aucuns disent également qu’elle est en mal de repères. Pensez-vous que l’organisation de telles manifestations peut vraiment constituer un espoir pour elle ?

En tout cas le but de ces tournois est de leur faire plaisir, leur donner de la joie. Et en les voyant aujourd’hui, en voyant leurs expressions on constate que cela leur fait un grand bien. Maintenant est ce que cela peut leur apporter autres choses également ? Je pense que oui, sinon je ne l’aurais pas fait. Au cours de ces rencontres on parle de paix, de fraternité, etc. et c’est cela le sens de ces manifestations ; Et c’est aussi une promotion pour Hatioum et toutes ces localités et avec cela les jeunes pourront faire et réaliser quelque chose demain.

Vous avez capitalisé un certain nombre d’expériences sur le plan sportif mais également professionnel. A la lumière de ces acquis qu’est ce qu’il faut faire concrètement, selon vous, pour aider cette jeunesse à mieux prendre en charge sa destinée ?

Bon à mon niveau l’aide à cette jeunesse est surtout axée sur le plan matériel et psychologique. J’amène du matériel pour leur faire plaisir, j’essaye également de les organiser. Comment faire maintenant pour les faire progresser ? Je crois que cette mission incombe à tout le monde, cela doit venir de tout le monde. La jeunesse c’est une richesse, c’est le Sénégal de demain. Je pense que les éducateurs qui sont à Ziguinchor et partout à travers ce pays travaillent dans ce sens là. Il faut donc trouver quelque chose à cette jeunesse, lui trouver quelque chose de concret pour qu’ils puissent assurer son avenir.

Vous l’avez dit vous avez offert beaucoup de matériels à la jeunesse, mais au-delà de ce geste, avez-vous d’autres projets que vous dédiez à la jeunesse casamançaise ?

Mon souhait il est vrai est de faire quelque chose de durable et d’existentiel comme on dit. Mon souhait est d’avoir un centre de formation. Le cadre est là, le potentiel humain est là car les jeunes sont pétris de qualité. Et pour ça on en a discuté avec des amis. Seulement il faut des moyens et les moyens c’est tout le monde qui les a. Maintenant il faut serre les coudes, discuter, trouver les moyens financiers. Et si on arrive à les trouver avec tout le potentiel qu’il y a en Casamance on peut faire quelque chose. Donc le problème est à ce niveau.

Cette jeunesse s’apprête à vivre ce week-end un grand moment de football avec la finale qui va opposer l’équipe fanion de la région le Casa Sports au Touré Kunda de Mbour. Quel sentiment vous anime à 72 heures de cette grande fête du football ?

Un sentiment de peur en tant que supporter. Mais quand je vois les joueurs à l’entrainement, quand je discute avec certains gosses c’est la confiance qui renait. Et puis ils font partie des meilleurs depuis plus de cinq ans, ils jouent également les premiers rôles car c’est la seule équipe au Sénégal qui est constante sur le plan résultat. Toutefois nous allons rencontrer une équipe qui ne fait pas partie de l’élite du football mais Touré Kunda nous a battu à deux reprises cette année ; ce qui fait qu’elle est notre bête noire.

L’équipe du Casa sports des années 80 dont vous faisiez partie et qui a remporté la coupe du sénégal en 1979 était présentée comme une équipe douée, talentueuse, généreuse dans l’effort. Peut-on en dire autant de la génération des Paul Emile Tendeng et des Saer Thioune qui va disputer la finale ce samedi à Demba Diop ?

Douée j’en doute pas mais je pense que celle là est plus douée que nous. La seule différence est que nous à l’époque on n’avait pas trop de moyens mais nous avions des dirigeants compétents qui étaient là. Mais je ne dis pas le contraire pour ceux qui sont là aujourd’hui. Notre avantage c’est que nous avions donc la Casamance toute entière derrière nous ce qui fait qu’on était très motivé à l’époque car nous n’étions pas seuls. En plus ce n’était pas une équipe professionnelle comme maintenant mais plutôt une bande de copains, un groupe composé de jeunes insouciants, enthousiastes et de moins jeunes qui pouvait déplacer une montagne. Nous les vieux nous étions donc là pour canaliser tous les jeunes, récupérer toutes les forces pour en faire une. C’était cela notre force.

Qu’est ce qui a été, selon vous, déterminant lors de la finale de la coupe du Sénégal remporté en 1979 contre le Jaraaf de Dakar ?

Nous étions comme je l’ai dit tantôt une bande de copains, un groupe soudé qui jouait contre une équipe de Dakar qui avait réuni toutes ses forces pour nous battre. Mais nous nous avions la détermination, l’engouement populaire et la solidarité de toute une région. Aujourd’hui on ne sent pas cette solidarité, ce frémissement chez les populations casamançaises qui nous avait affectés à l’époque. On prépare pourtant une finale de coupe nationale qu’on ne joue pas tous les ans, ça fait d’ailleurs 32 ans qu’on ne l’a pas joué. On devait donc sentir autre chose que ce que l’on sent actuellement. Nous quand allait en finale en 1979 c’est la Casamance dans son ensemble qui s’était mobilisée. Mais aujourd’hui j’ai l’impression que ces gamins se sentent seuls.

Quel est votre plus grand souvenir en tant footballeur ?

C’était un match contre la Jeanne d’Arc de Dakar en 1979 une semaine après mon mariage et 48 heures après la réception organisée à cet effet. C’était un dimanche en match nocturne ; notre premier match nocturne à l’époque. Et ce jour là il y avait tout le monde au stade les filles comme les garçons d’honneur dont certains mettaient pour la première fois le pied au stade. Nous avions battu la JA sur le score de trois (03) buts à Zéro et Bass (Bassirou Ndiaye) avait marqué les tous les trois buts. Ce fut un immense plaisir pour moi et ça m’a toujours marqué.

Vous avez perdu il y a quelques jours un ami, un frère en l’occurrence Jo Badiane. A ces moments de communion et de partage avec la jeunesse de Hatioum, quelle pensée pour ce compagnon de tous les jours qui vous a quitté ?

Je me suis dit aujourd’hui qu’il manque quelqu’un à ce rendez-vous. Car tous les tournois que j’ai organisés il était là. Jo ce n’était pas seulement un partenaire de foot, c’était un complice, un ami, un frère. Il n’est pas là aujourd’hui et cela se sent. A chaque fois on préparait les choses ensemble et ensemble on le faisait et tout marcher comme sur des roulettes. A Ndiagne j’ai d’ailleurs changé le nom du challenge pour mettre à la place le nom de Jo Badiane. Dorénavant tout ce qu’on fera sera à la mémoire de Jo cela pour montrer qu’il est en nous et avec nous.

Votre dernier mot Ousmane Ndiaye Compliqué ?

C’est de remercier toutes les populations de Hatioum et des Kalounayes, leur dire merci pour leur enthousiasme, leur plaisir et pour l’accueil qu’elles nous ont réservé mes amis et moi. Et leur donner rendez-vous pour l’année prochaine dont on espère qu’elle sera encore plus belle. Dire également aux populations casamançaises que nous sommes à leur disposition. Et tant que Dieu nous donne les moyens de leur satisfaire sur le plan moral et matériel nous serons à leurs dispositions et nous le ferons avec plaisir. Vive Hatioum, Vive le Casa sports et on se donne rendez-vous pour le Djambadong (« la dans des feuilles ») après la victoire du Casa en finale de la coupe du Sénégal.

Auteur: Propos recueillis par Tapha I. BADJI
Date de publication: 2011-09-22 18:17:43
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