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Malang Thiam maire progressiste de Diouloulou : « L’urgence pour les fils de la Casamance, c’est de s'unir et d'œuvrer pour le développement de la région »

Scoopsdeziguinchor.com : L’alternance qui s’est opérée au Sénégal le 25 mars dernier a de quoi réjouir le maire de Diouloulou Malang Thiam. Farouche opposant du régime libéral, ce responsable de l’AFP n’a jamais raté l’occasion de mettre à nu les tares de la gestion des affaires du pays par le régime déchu. Comme ce fut à nouveau le cas lors de cette interview accordée à scoopsdeziguinchor.com. Occasion saisie également par l’ancien banquier de la BAD pour dénoncer des manquements constatés lors des investitures au sein de la coalition BBY au niveau du département de Bignona. Non sans manquer d’inviter les cadres et responsables politiques de tout bord de la région à s’unir afin d’œuvrer pour le développement de la Casamance

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Scoopsdeziguinchor.com : Le Sénégal vient de réussir, 12 ans après, une seconde alternance politique avec la fin du régime libéral de Maître Abdoulaye Wade. Quelle lecture faites-vous de ce changement à la tête du pays ?

Malang Thiam : Merci cher confrère pour m’avoir donné une nouvelle fois l’opportunité de m’exprimer sur la marche du pays. J’ai beaucoup de choses à dire mais que voulez-vous mes occupations politiques et la gestion de ma mairie m’ont empêché de dévoiler à chaque fois mes réflexions sur l’actualité au Sénégal. Mais attention vous dites la « fin du régime libéral  de maitre Abdoulaye Wade ». Moi personnellement je n’ai jamais donné un poids à Abdoulaye Wade et à son régime.

Et pourquoi ?

-Vous voyez ce qui passe avec les révélations sur la gestion du régime libéral et les audits. C’aurait été dans un autre pays, beaucoup de dignitaires de l’ancien régime seraient déjà en prison ; mais le Sénégal est un pays de pardon et de démocratie. Un président de la république comme Abdoulaye Wade battu démocratiquement devait être plus discret voire même quitter temporairement le pays. Mais On dirait que lui et  son régime n’ont aucun gène, aucune honte, d’avoir détruit ce pays. Aujourd’hui Le PDS se permet même de présenter une liste pour les prochaines élections législatives du 1er juillet 2012. Quelle honte après tout  le gaspillage commis. J’exhorte tous les démocrates à la vigilance car ce régime si on ne prend garde risque d’utiliser l’argent volé pour essayer de reconquérir le pouvoir et détruire davantage le Sénégal. Et pour revenir à votre question, je dirais que je suis tout de même fier du peuple sénégalais, de tous ses fils qui se sont mobilisés pour faire partir Wade et son régime corrompu après 12 années de gestion catastrophique. C’est pourquoi en plus de la joie qui m’anime, j’éprouve également de la tristesse et des regrets pour le seul fait d’avoir soutenu ce même Abdoulaye Wade en 2000.

Ne regrettez-vous pas également l’échec de votre candidat Moustapha Niasse lors de ces élections présidentielles ?

Oui, je souhaitais que mon candidat Moustapha Niasse soit le président de la république pour une période de 5 ans. Mais hélas, Dieu et le peuple sénégalais en ont décidé autrement en choisissant Macky Sall comme le président de tous les sénégalais et pour qui nous avons voté au 2nd tour des présidentielles. Mais sachez aussi que nous avons bon espoir avec Macky car il doit pouvoir corriger certaines dérives pour avoir contribué à la gestion du régime libéral.

Au cours de ces échéances électorales, votre coalition a été battue au 1er tour et au 2nd tour au niveau de la commune de Diouloulou dont vous êtes le 1er magistrat. Qu’est ce qui explique, selon vous de tels revers ?

Revers ? C’est beaucoup dire, car nous avons démarré cette campagne d’abord pour le choix de Moustapha Niasse comme candidat de Bennoo Siggil Sénégal aux élections présidentielles. Un choix que Wade a voulu contrecarrer en se présentant contre vents et marées à ces joutes électorales pour saper notre candidature qui avait beaucoup plus de chance en l’absence de la sienne. Ils se sont donc préparés pour essayer de nous « détruire » surtout dans ma petite commune de Diouloulou où nous avions subi toutes sortes de contrevérités de haine et ce, dans le seul but de ternir notre image et celle du candidat Niasse. Et pourtant j’ai eu personnellement  plusieurs contacts de responsables libéraux m’invitant à rejoindre les prairies bleues ce que je n’ai jamais accepté et que je n’accepterai jamais. Ensuite ils ont usé de tous les moyens pour m’écraser, m’humilier par le biais de petits bandits, d’antinationaux. Et au finish, avec tous leurs moyens, ils nous ont battus au 1er  tour avec une différence de 100 voix et au deuxième tour avec une différence de 10 voix. Pour vous dire que nous avons remontés la pente entre les deux tours. Et c’est le lieu pour moi de remercier tous les militants de la commune, de l’Arrondissement de Kataba1, du département de Bignona et de toute la région de Ziguinchor qui étaient mobilisés pour battre Wade et sa coalition au 2ème tour. Nous en sommes sortis la tête haute car nous avons  chassé du pouvoir le régime libéral et c’était cela notre objectif. 

En plus de ce que vous avez évoqué pour justifier votre défaite, qu’est ce qui a manqué en outre, selon vous, pour vous permettre de mener à bien votre campagne sur le terrain ?

Notre défaite, il faut le reconnaitre a été également occasionnée par un manque d’organisation et de moyens. Et en essayant d’évaluer la stratégie de notre coalition au niveau national je me rends compte que le staff qui accompagnait le candidat Moustapha Niasse pour le faire élire était déconnecté avec la base. La communication a été désastreuse entre Dakar et notre arrondissement. Mais heureusement que le tir a été rectifié au second tour au sein de la coalition BBY et nous avons pu faire partir Abdoulaye Wade grâce à la  mobilisation de toute la population du Sénégal.

Concrètement qu’est ce qui vous a manqué selon vous pour renverser la tendance au second tour à Diouloulou notamment ? N’aviez-vous pas les moyens de mener à bien votre campagne et de convaincre les électeurs ?

Il est vrai que nous n’avions pas eu de moyens. J’étais obligé de sortir mon argent pour mener la campagne parce que je croyais à la victoire de Moustapha Niasse, mais hélas. Et puis après avoir démarré lentement notre campagne, nous avons subi au total deux accidents avec morts d’homme. Il nous était donc difficile de mener une bonne campagne avec tous ces morts dans la pensée et dans le coeur. Et face également à l’achat de conscience prôné par Wade, il nous était difficile de convaincre les électeurs dont la plupart sont démunis et quotidiennement dans le besoin. S’y ajoute également l’insécurité qui nous a posé beaucoup de problèmes avec pour exemple certains bureaux de vote qui sont attaqués au 2nd tour des élections. Tous ces facteurs ont désorienté nos électeurs qui n’ont pu s’acquitter de leur devoir civique. Soyez sûrs que nous n’aurions pas eu de revers s’il n y avait pas eu tout cela. Enfin bref, tout compte fait le peuple sénégalais nous a permis d’obtenir une victoire éclatante avec 65% des voix.                  

Aujourd’hui un nouveau président en l’occurrence Macky Sall est élu et un gouvernement dirigé par Abdoul Mbaye a été mis en place. Quelle lecture faites de cet attelage gouvernemental ?

Il est vrai, le président Macky Sall a gagné sans bavure avec la collaboration de tous les partis politiques, de toute la société sénégalaise.  Je reconnais que le choix d’Abdoul Mbaye comme Premier Ministre  m’a surpris. Même si je ne le connais pas comme politique, nous sommes tout de même des cohabitants aux Almadies où leur villa familiale jouxte la mienne. Je connaissais sont père qui nous a formé. Il était un homme de valeur sur tous les plans, juridique, moral, etc. Mr Kéba Mbaye, son père avait eu le courage de ne pas accepter la pression du pouvoir d’alors et avait à l’époque démissionné. Ce qui fait de lui une référence. Je suis optimiste quand à la réussite de Mr Abdoul Mbaye. On ne peut pas dire de lui qu’il est un premier ministre inexpérimenté, car c’est un homme qui a fait ses preuves dans le monde de la haute finance donc capable d’assurer des responsabilités au sommet de l’Etat. Et tous, nous devons le suivre, l’accompagner et le laisser travailler sans pour autant être complaisant à l’heure des comptes. Nous en Casamance, attendons ce gouvernement avec patience mais nous ne tarderons pas à lui rappeler nos préoccupations chaque fois que l’occasion se présentera. Nous allons d’ailleurs consigner toutes nos doléances dans un document, des projets et programmes, que nous transmettrons au nouveau gouvernement. Avec comme priorités du moment la route de Kafountine – Diouloulou, le quai de Kafountine financé par la Banque mondiale et l’état du Sénégal et nous exigerons également leurs réalisations dans les meilleurs délais. Les ministres concernés seront aussi saisis le plus rapidement. Je connais d’ailleurs bien le ministre des finances qui a une expérience pointue sur le plan national comme sur le plan international en gestion des banques. Je pense que nous pouvons compter sur lui pour mettre de l’ordre dans les finances du pays. Nous attendons donc le gouvernement sur la réalisation des grands projets pour le développement de la Casamance. 

Pensez vous que votre coalition est bien représentée dans le gouvernement au vu de vos résultats obtenus au 1er tour ?

Vous savez, la coalition BBS compte plus de 50 partis et mouvements. Tout ce monde ne peut pas avoir un poste ministériel.

La distribution est faite, mais le souci est de respecter les promesses électorales : c'est-à-dire avoir un gouvernement de 25 ministres au maximum même si nous voulons que les régions soient équilibrées en matière d’utilisation des ressources humaines. Permettez moi d’être un peu régionaliste car je ne peux pas comprendre que Robert Sagna qui s’est battu et qui est le président de la coalition BSS n’a même pas un poste ministériel. Pour moi, les postes doivent être distribués de façon équitable. Je n’ai pas oublié le ministère de l’agriculture  qui est géré par un fils de la région, mais je dis que cela est très insuffisant même si on me dira que la taille du gouvernement est réduite.

Vous savez nos adversaires nous attaquent en disant : voilà que vous avez élu Macky Sall et, au retour, il ne vous donne même pas un poste ministériel, vous voyez. Mais je répondrais que même si nous n’avons aucun poste ministériel, le développement de la Casamance nous préoccupe ; et à cet effet, pour nous fils de cette région, nous demandons au président Macky Sall de respecter ses engagements vis-à-vis des populations de la partie sud du pays (réalisation du quai de Kafountine, de la route Kafountine-Diouloulou, le pont d Diouloulou et de Baila  et autres projets) et de ne ménager aucun effort pour le retour de la paix en Casamance.

Que faire concrètement pour le retour de cette paix ? 

Pour la paix, je dirai qu’il faut un dialogue franc et sincère, des négociations avec des négociateurs clairvoyants et justes. Je pense aussi qu’on ne peut pas faire la paix dans une région tout en la négligeant. La Casamance a des fils et des filles qui peuvent occuper tous les postes au niveau étatique. La paix en Casamance passe à mon avis par la réparation de l’injustice que ces fils et ces filles subissent tous les jours. On ne peut pas obtenir une paix en frustrant les populations de la région naturelle de Casamance. Cette paix également a mon avis, passera par un rééquilibrage en matière de développement. Certes, toutes les régions en ont besoin, mais à mon avis il faut que le président fasse une discrimination positive pour la Casamance. La Casamance mérite qu’on lui apporte toute l’attention requise dans le processus de son développement. Quand aux ressources humaines, nous ne voulons pas qu’on nous accorde des faveurs mais nous demandons un rééquilibrage lors de la distribution des  postes mais aussi lors du partage  des moyens pour le développement. J’ai entendu dire que le projet de réalisation du quai de Kafountine sera annulé. De grâce, je demande au président Macky Sall d’user de tout son pouvoir pour nous réaliser ce quai. Toute la population de notre arrondissement, du département de  Bignona, de la région de Ziguinchor est informée de la réalisation ce quai. Donc s’il n’est pas réalisé cela peut encore créer d’autres frustrations, d’autres mécontentements qui peuvent saper le processus de la paix en Casamance. Les frustrations, on en avait beaucoup. Je pense qu’il ne faut pas en rajouter. Je demande à Monsieur Pape Diouf, ministre de la pêche de voir clairement cette situation car nous tenons à ce quai qui est l’une de nos priorités. D’ailleurs un  CRD tenu à la gouvernance de Ziguinchor il y a quelques mois, avait confirmé la réalisation des ponts de Baila et de Diouloulou ainsi que la route de Kafountine-Diouloulou et le quai de pêche de Kafountine. Et nous avions  insisté à l’époque également sur le cas de la route car un quai flambant neuf sans une bonne route, on n’atteindra jamais les objectifs de développement de la zone. Et pour cela, nous avons toujours demandé au gouverneur d’être notre interlocuteur auprès des autorités gouvernementales pour la construction de la route de Kafountine, la réalisation du quai de Kafountine pour développer le commerce des produits halieutiques.

Votre leader Moustapha Niasse dirige aujourd’hui la liste nationale de la coalition Benno Bokk Yaakaar. N’est ce pas là une manière pour le président Macky Sall de manifester à nouveau une certaine confiance à votre leader et à sa coalition ?

Je ne veux pas faire l’éloge de mon candidat son excellence monsieur Moustapha Niasse, qui a été  battu aux élections présidentielles de février 2012. Comme vous le savez, j’ai travaillé avec lui au moment où j’étais à la BAD et où lui-même était consultant et homme d’affaires. Mais aussi au moment où il était le ministre des affaires étrangères du Sénégal. Niasse a une expérience pointue dans beaucoup de domaines. Il est un homme politique et un homme d’affaires. Macky Sall a donc raison de lui faire confiance et de lui laisser conduire la liste de BBY. Il y avait des rumeurs qui disaient que Moustapha Niasse convoitait le poste de Premier Ministre mais il a apporté des réponses à cette question. Le Sénégal a besoin de Niasse pour ses conseils, son expérience,  son expertise. Et nous nous disons bravo pour cette marque de confiance, et nous sommes derrière notre leader pour le soutenir à coté du du président de la république. Les populations casamançaises, le Mfdc ont confiance en lui. Moustapha Niasse sera probablement député, mais mon inquiétude c’est de le voir présenter sa démission au cours de son mandat. Ce que nous ne n’aurions cautionné car le peuple a besoin de lui, de son expertise, de sa compétence, de son carnet d’adresse. Nous n’allons pas cautionner également la réduction du mandat du Président de l’assemblée nationale pour anticiper, comme il est souvent coutume chez, son départ. Nous militants de l’AFP et du BSS n’accepterons jamais cette situation.

D’aucuns estiment qu’il faut aujourd’hui  une alternance générationnelle au sein de la classe politique. Une telle exigence se justifie-t-elle ? 

Oui il faut savoir partir à temps. Le malheur d’Abdoulaye Wade, c’est de vouloir s’accrocher coute que coute au pouvoir malgré son âge que nous respectons. Aujourd’hui, il doit y avoir une alternance générationnelle dans le landerneau politique. En tout cas nous, au niveau de l’AFP, nous avons appliqué l’alternance générationnelle au sein de notre parti  après notre congrès de 2010 à Dakar. Cela a été approuvé par le Secrétaire Général, Moustapha Niasse lui-même. Je prends l’exemple de Malick Gakou l’actuel Ministre des sports qui est  la deuxième personnalité du parti et d’autres jeunes comme le Dr Diop Malick, maire de la commune de Point E.  L’alternance générationnelle est donc une exigence et doit toucher tous les partis. Moi-même avec mon âge actuel, je dois laisser la place aux moins jeunes, raison pour laquelle je ne suis pas partant pour ces élections législatives dans le département de Bignona. J’ai préféré laissé la place aux jeunes, me mettre derrière eux pour les soutenir. Certains leaders n’ont pas compris cela. Ils  veulent imposer leurs hommes avec leur âge avancé. À mon avis, on doit encourager les jeunes en les inscrivant sur les listes électorales au niveau national et départemental. Je souhaite qu’ils entrent en masse à l’assemblée nationale avec des idées nouvelles et des compétences nouvelles. Même si parfois en d’autres circonstances nous avons besoin d’hommes d’expériences.

24 listes de partis ou de coalitions de partis seront en liste lors des prochaines échéances législatives. N’est-ce pas là les prémisses d’une prochaine recomposition dans le champ politique ?

Je pense que la recomposition du champ politique au Sénégal se fera de lui-même. Voila pourquoi  je pense que les élections législatives du 1er Juillet 2012 sont anticipées. Pour moi, avant d’accepter les listes des partis et coalitions de partis, il doit avoir une étude sérieuse des dossiers de tous les candidats, surtout ceux du PDS  car ils sont accusés, à tort ou à raison d’avoir volé des milliards. Donc le préalable, c’était de faire la lumière sur cette situation. Comment voulez-vous faire de ces gens là des députés, alors qu’ils ont dilapidé les derniers publics ?  Je suis pour une recomposition dans le champ politique au Sénégal mais je recommande encore une fois la prudence et la vigilance sur le choix de certains investis. La politique est un milieu dangereux et tortueux où les gens ne sont mus que par leurs intérêts.  Malgré mon engagement tardif dans le domaine politique, j’ai appris un peu à les connaitre, ils ne pensent qu’à eux. Je demande de faire attention car la gestion du pays dépend de cette recomposition qui doit prendre en compte cette nouvelle manière de faire la politique et qui doit mettre en avant la culture du développement ; des hommes politiques imbus du  développement de leurs terroirs. Mais malheureusement beaucoup d’entre veulent aller se terrer à l’assemblée nationale pour, pensent ils, bénéficier de l’immunité parlementaire. 

Et comment se présente la coalition Benno Bokk Yaakaar (BBY) au niveau de votre localité ? N’avez-vous pas rencontré des difficultés pour la confection de votre liste électorale ?

La coalition BBY dans la localité se porte assez bien. Mais ma conviction personnelle est que Benno Siggil Sénégal (BSS) devait présenter sa propre liste. Peut être que je me trompe, mais c’est ma conviction. Je pense que le BSS a besoin de se mesurer en matière de représentativité dans l’hémicycle. Cela ne veut pas dire que nous n’allions pas soutenir le gouvernement Macky Sall. Nos députés auront l’obligation de le soutenir mais  d’autre part cela devrait permettre à chaque coalition de préserver son identité. Et j’espère que cela arrivera un jour. Et pour la confection de nos listes, il faut reconnaitre que n’avons pas été d’accord sur le choix de nos titulaires et leurs suppléants. Dans le département Bignona, après le PDS, c’est le BSS qui est majoritaire et nous avons donc droit à un député. Donc je conteste personnellement leurs critères de choix. On nous a imposé un titulaire qu’une partie de notre département n’a pas voulu et pourtant nous avons choisi nos candidats sur une liste que nous avons envoyée à Dakar. Mais au finish tout a été précipité même si finalement des candidats de valeur ont été présentés : Un (01) membre de l’AFP comme titulaire, un (01) membre de la LD comme suppléant et deux (02) membres du parti de Robert Sagna dont un a finalement été retenu. J’avoue que ça n’a pas été facile démocratiquement. Personnellement j’ai aussitôt demandé que l’on fasse un boycott systématique des élections législatives. Je le dis et je le répète. Même s’il faut reconnaitre que nous n’avions pas le temps de confectionner nos listes au niveau de nos collectivités locales pour les faire remonter au département et instaurer une discussion sérieuse claire et transparente. 

Le Boycott des législatives au niveau de votre localité, est-ce une solution pour vous et votre coalition ?

Il est vrai que dans le choix des candidats aux élections législatives dans notre département de Bignona, il y a eu beaucoup de bruits, de mécontentements. C’est pourquoi au début nous avions encouragé le boycott de ces élections. Nous ne voulons pas de députés touristes dans notre arrondissement et dans notre département, des députés qui, une fois élu, tournent le dos à la région et n’y reviennent que pour les renouvellements. Nous voulons des députés qui vivent avec les populations, assistent aux baptêmes et funérailles, bref qui vivent les problèmes de leurs mandants. Je crois que la coalition Benno Bokk Yakaar devrait être plus rigoureuse dans le choix des hommes et femmes à l’avenir.

Vous êtes à mis parcours de votre mandat à la tête de la commune de Diouloulou. Comment jugez-vous votre bilan trois ans après ?

Notre bilan à mi-parcours est presque terminé. Nous sommes presque à la fin de notre mandat. Et voici en résumé les quelques réalisations que nous avons faites : la construction d’un pavillon d’hospitalisation, du bureau du médecin et l’octroi d’équipements et une dotation annuelle en médicament au district sanitaire de Diouloulou, la construction et l’équipement des salles de classes à Missirah, la construction de la clôture du  terrain multisports et celle de l’hôpital de Diouloulou. Aussi avec nos partenaires, nous sommes entrain de construire cinq (05) salles de classe à l’école 1 de Diouloulou, deux (02) classes à Birkamanding 2, deux (02) à Badioncoto. Et avec le PADERCA, nous avons construit deux (02) salles de classes à Santhiaba. Pour la construction de l’hôpital, nous avons reçu 200 millions de F CFA de l’Etat du Sénégal. Ces projets sont en phase d’exécution et sont visibles sur le terrain. Pendant la campagne présidentielle, nous avons entendu nos adversaires dire que c’est l’état qui nous donne de l’argent, oui, mais je pense qu’ils ne connaissent pas malheureusement ce que c’est un projet. Pour avoir cet argent, il faut connaitre les procédures et se battre pour les avoir car ce n’est pas évident pour décrocher ses financements (préparation des projets, exécution, gestion administrative et technique évaluation, etc.). 

Pensez-vous que tous les chantiers que vous avez démarrés pourront être exécutés avant la fin de votre mandat ?

C’est mon souhait de terminer tous les projets avant la fin de mon mandat. Mais comme vous le savez, un projet s’exécute, les gouvernements passent d’autres arrivent et continuent l’exécution des projets trouvés sur place. A la fin de mon mandat, si certains de nos projets ne sont pas finis, eh bien les autres les termineront. De toutes les façons, ces projets ont pour objectifs l’amélioration des conditions de vie de la population de la commune de Diouloulou. La république d’Allemagne en collaboration avec l’ARD nous a octroyé une enveloppe de 5 millions de FCFA pour préparer notre programme d’investissement communal (P.I.C.) pour 6 ans. Ce document est prêt, il est disponible au niveau de la maire. Nous sommes entrain de voir comment organiser une conférence des bailleurs de fonds en collaboration avec les partenaires comme ARD, ANRAC, PADERCA ,PROCAS, le Conseil régional et les autres soit à Diouloulou, soit à Ziguinchor. Cette conférence nous permettra de connaitre les opinions de ces bailleurs sur notre PIC et éventuellement nous aider dans notre dynamique. Cette rencontre permettra ainsi de créer un comité d’exécution et de suivi de tous ces projets en vue de leur réalisation. Le PIC comme je le disais, a une durée de 6 ans et va donc au-delà de 2014. Ceux qui viendront pourront le continuer où le modifier et l’adapter en fonction de leur priorités du moment. Mais en définitive tout est important et tout est priorité : les pistes rurales de Kataba1, Missirah et celle Koulobory à Médina Daffé, les ponts de Diouloulou et de Baila, les quais de Diouloulou et de Kafountine, etc.

S’il y a une exigence en vogue actuellement dans le landerneau politique c’est bien les audits. Ne craignez-vous pas, à votre niveau, les audits ?

Les audits sont une nécessité car ils permettent de faire la situation des projets, l’état des lieux. Malheureusement au Sénégal, quand ont entend audit on pense que c’est pour sanctionner et régler les comptes. Non les audits permettent de tirer les leçons et éviter les erreurs. Avec mes quelques années d’expérience à la BAD, j’essaye d’appliquer les approches d’audits. Mais, j’avoue que cela n’est pas facile car certains de nos partenaires n’ont pas l’habitude de la transparence. Ils pensent que les documents doivent être cachés dans les bureaux et ne pas les distribuer pour informations et commentaires. A mon avis, il faut revoir les rapports entre les collectivités locales et le trésor. Les procédures  de décaissement sont très lourdes et lentes. Il y a trop de perte de temps à mon avis. Je pense qu’il faut faire confiance aux élus que nous sommes et nous donner les moyens de travailler dans la transparence et la bonne gouvernance. Je dénonce les pratiques que des élus font pour avoir de l‘argent. Il faut passer parfois par des chemins tortueux pour avoir certains montants. C’est malsain.

Après 2014, quel sera l’avenir politique du maire Malang Thiam ?

Avant même de parler de l’après 2014, je compte déjà après les prochaines élections législatives consacrer le peu de temps qui me reste à ma jeunesse, à nos  étudiants que je respecte. Ce sont ces derniers qui doivent prendre la relève en 2014. Et après ma retraite politique, je pourrais donc me consacrer à ma famille et au développement de ma région. Avec ma petite expérience acquise en tant qu’élu au niveau communal, départemental et régional et celles glanées sur le plan national et international je vais entièrement m’investir pour le développement de ma région. Et mon ultime combat sera  consacré pour l’érection de Diouloulou en département, en collaboration avec les trois communautés rurales de Kataba1 et la Commune de Diouloulou, sans oublier les ONG, la Société civile. Je pense que Diouloulou a toutes les potentialités pour devenir un département. Sur le plan géographique, économique etc. Le gouvernement de Macky Sall devra tout faire pour revoir ce dossier et le diligenter le plus rapidement possible. Les populations de l’ex-arrondissement de Diouloulou attendent donc le nouveau gouvernement  sur ce dossier. C’est après cela que je pourrais aller me reposer après mes 20  années de travail au Groupe de la BAD à Abidjan, en République de Côte d’Ivoire et à Tunis, et une carrière politique à la tête de la commune de Diouloulou, pour enfin laisser la place aux jeunes  

Le maire de Ziguinchor qui est par ailleurs votre président au niveau de l’AMS projette de créer un parti politique après les législatives. Jugez-vous sa démarche pertinente ?

Monsieur Baldé, je ne le connais pas, mais je pense qu’il a le droit en tant que sénégalais de créer son parti. Seulement qu’il sache qu’un parti politique exige beaucoup de choses. Ma crainte est que cette formation ne soit assimilée demain à un parti régional. Voilà pourquoi je lui demande de faire attention. Par la même occasion, je demande au président de la république et au ministère de l’intérieur de faire une enquête sérieuse avant de délivrer des récépissés d’approbation des partis à créer par les anciens caciques du régime libéral. En plus, à mon humble avis, le salut le développement de notre région ne saurait résider à la mise sur pied de partis politiques. L’urgence pour les fils de la Casamance, c’est d’arrêter la politique politicienne, de nous retrouver d’abord, et d’aller ensuite à l’essentiel.

Et l’essentiel pour vous, c’est quoi ?

L’essentiel pour moi c’est le développement de la Casamance. Nous avons des cadres au niveau national comme au niveau international, compétents et courageux. Je  pense qu’ensemble nous pourrons faire beaucoup de choses pour notre région. Nous avons organisé des rencontres très importantes à la Chambre de Commerce de Ziguinchor ; des assises qui ont permis de faire un inventaire des projets et programmes pour le développement de la région.  Je demande d’ailleurs au passage, au président de la chambre de commerce de Ziguinchor, de transmettre les rapports de ces différents séminaires aux acteurs qui en auront besoin pour définir clairement les projets et programmes de la région naturelle de la Casamance. Idem pour les rapports de nos différents séminaires avec le secteur privé et la société civile sous l’égide de l’ARD.

Auteur: Tapha I. BADJI
Date de publication: 2012-06-02 00:57:39
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