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PORTRAIT DE YOUNOUSS AÏDARA, un artiste peintre qui fait buzz au Cap Skirring

Scoopsdeziguinchor.Com : Chérif  Younouss Aïdara est un artiste peintre autodidacte, né le 15 juillet  1969 à Baghére, village religieux situé dans le Sédhiou en moyenne Casamance. Il poussa ses études jusqu’en classe de terminable, avant de jeter l’éponge, pour s’adonner à la peinture, un art qui le séduit fort irrésistiblement. Après un début tatillon à Dakar puis à Ziguinchor, Younouss confirme aujourd’hui son talent peintre au Cap-Skirring. Ses fréquents séjours en Europe lui ont aussi conféré une notoriété internationale. Le gaillard impressionnant par sa haute stature physique, aurait pu faire le grand pivot dans le NBA, mais il a préféré être un magnat du pinceau.

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Comme dans une sorte de confidence autobiographique, Younouss Aïdara souligne que son éveil artistique survint en 90 au quartier de Pikine : « j’habitais Pikine, à la Sotiba. On était voisin d’une icône de la peinture sénégalaise, le grand maître du pinceau, Khalidou Kassé. C’était avec beaucoup d’intérêt qu’on le regardait tous les jours peindre autour d’un thé à la menthe que je lui servais. » Une éclosion de vocation qui, deux ans plus tard sera fortifiée par la connaissance qu’il fera avec un autre génie de la peinture à Médina où il se rendait auprès de sa grand- mère pendant les vacances. Il s’agit de Serge Corréa qui venait cette année de remporter le grand prix de chef de l’Etat des Arts en 90, lui qui venait juste de sortir de l’école des beaux-arts.

Déjà en 1977, Younouss, fils de diplomate arabisant suit avec sa famille le papa affecté en Libye. Peu de temps après, à la faveur de la rupture des relations  diplomatiques entre le Sénégal et ce pays, son père est affecté en Egypte. Là, une nouvelle curiosité artistique se réveille en lui. A l’en croire, « l’art égyptien m’a ému, le grand musée du Caire à côté du lycée Franco-égyptien situé à la place Takhrir où je m’étais inscrit, les représentations de la riche histoire de l’Egypte antique, avec  ses pyramides, ses pharaons de ce berceau de l’humanité. Dans mes tours, j’ y étais souvent accompagné de mon père, qui est un grand collectionneur de l’art arabe, en sa qualité de diplomate arabisant ».

De retour au pays, la vocation est suffisamment alimentée, il reste juste à la vivre pleinement mais pas aussitôt. Parce que, confie t-il «  j’ai d’abord cherché à faire de petits jobs, question de disposer de fonds de départ de ma carrière d’artiste vu que le matériel de la peinture coûte cher. Ce n’est qu’après, que j’ai démarré la peinture à l’acrylique ».

Mais vite il l’a met entre parenthèses au profit du cinéma : « j’ai fréquenté la styliste Oumou Sy dans le film ‘’l’Hyène’’ de Djibril Diop Mambéti où elle était la costumière et où j’ai interprété quelques petits rôles et là j’ai gagné un peu plus de sous ».  Un gain qui suffit à l’enfant du village chérifien de Baghére, plus porté vers les tableaux artistiques que des tablettes d’initiation coranique. Il envisage le retour en sa Casamance. Un choix qu’il explique par la nostalgie du « pays », surtout  la richesse culturelle de cette région.

A Ziguinchor, l’artiste autodidacte s’est d’abord momentanément lancé au commerce. Ensuite il se déporta dans l’île de fétiches, appelé Ehidj, non loin de Carabane où il effectue un séjour de courte durée. En 94, il déposa ses baluchons à la plateforme au Cap Skirring. « J’ai mené des activités de pêche, de guidage touristique avant d’ouvrir cette galerie d’art qui, très vite, a fini de ravir le cœur de tous les passionnés de la peinture d’art moderne » a-t-il déclaré.

Quid du secret qui l’a fait sortir du lot de nombreux artistes peintres établis au Cap Skirring ? Younouss s’en explique : « j’ai eu la chance d’abord de côtoyer très tôt les meilleurs peintres sénégalais. Mais aussi mon séjour dans les pays arabes. Un coup de pinceau peaufiné par mes réguliers séjours en Europe dans les musées et galeries visités. Mais le déclic est parti de ma première exposition au dans un grand hôtel du Cap où la clientèle est certes généreuse dans l’achat mais exigeante, vu qu’elle est avertie en matière d’art. Ce jour là, des touristes européens ont été subjugués par ma création artistique. Mon succès d’aujourd’hui s’explique par tout cela et j’en rends hommage à mes parents ».

Younouss dit tenir son inspiration par Baskia, peintre américain d’origine haïtienne, l’un des prodiges de dimension mondiale, mais arraché à l’affection des amateurs de l’art très jeune. Mais également « Picasso que j’ai découvert au centre Pompidou de Paris en même temps Kandinsky à l’occasion de l’exposition des grands peintres des années 40 -50. Dans la fascination par leur art contemporain, j’y tente d’apporter ma touche africaine. Mon séjour  régulier de trois mois par an en Italie est stimulant vu que les italiens représentent prés de 70% du marché mondial des arts. J’habite Milan avec mon épouse milanaise où je vends bien mes tableaux et prends part aux expositions qui s’y déroulent surtout celle de la Triennale ».

Pour autant, malgré cette embellie, Younouss ne se sent pas encore au comble de son art, il rêve d’entrer dans le panthéon des dieux du pinceau : « je n’ai pas encore atteint le sommet de mon art. Mon rêve est de devenir un jour un des plus grands peintres du monde, pour entrer dans la cour des immortels de la peinture et pour ceci j’y travaille d’arrache-pied ».

Mais avant, il formule le rêve d’avoir de l’appui du ministère de tutelle pour prendre part aux expositions nationales et internationales « vu que je porte toute la culture régionale et continentale » argumente t-il.

Younouss s’épanouit dans sa galerie qui est son monde à lui, où en dehors de ces tableaux, on y trouve des masques et autres sculptures rares. Normal pour lui, « parce que je suis collectionneur d’objets d’art. Je vis aussi de cela. Ce sont des pièces que les gens aiment et qu’on retrouve dans le musée du Quai Branly  non loin de la Tour Eiffel ».

Se démarquant de la théorie de l’école parnassienne qui professe l’art pour l’art, Younouss se dit porteur de l’art engagé. Car pour lui « l’art africain est religieux et utilitaire ». Et c’est fort de cela, qu’il  en appelle de tous ses pinceaux au retour de la paix en Casamance : «  s’il y a la paix, c’est tout le monde qui gagnerait ». Que l’Etat et toutes les bonnes volontés mutualisent leurs efforts pour que la paix revienne à présent dans cette belle région du Sénégal ».

Auteur: Timbis SARR
Date de publication: 2013-03-29 19:27:08
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goussi un portrait tiche et élogieux de YOUNOUSS l'article de notre ami André journaliste est extraordinaire Chapeau les artistes

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