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Bignona/Congrès Birkamanding I : Birkamanding I prend en main son développement

Scoopsdeziguinchor.com : Les sirènes de l’Emergence ont-elles retenti au niveau de la Zone des palmiers ? En tout cas cette contrée de la commune de Djignaky jadis considérée comme une zone de non-droits et où l’aide humanitaire constituait l’unique espoir des populations revit, aspire de plus en plus à un mieux-être et demande aujourd’hui un accompagnement des autorités étatiques pour prendre en charge son propre développement. Symbole de cette renaissance, le Village de Birkamanding I situé au cœur de la zone des palmiers. Une localité qui a saisi l’opportunité de son congrès annuel pour jeter les bases de son développement matérialisé à travers des manifestations culturelles, des débats et une journée de reboisement monstre qui a mobilisé pendant trois jours toutes les franges de la population locale et les communautés présentes à cette manifestation de haute portée socioculturelle et économique

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Pour accéder à la localité de Birkamanding I à partir du village d’Ebinako, il a fallu pour l’équipe de scoopsdeziguinchor.com, sillonner en moto pendant plus d’une demi-heure une piste sinueuse et boueuse en cette période d’hivernage et qui sépare Birkamanding I à la Route Nationale N° 5. Et c’est finalement aux environs de 12 h 30 mn que l’équipe de la presse est arrivée  sur les lieux. Et ce, après avoir traversé, entre autres localités, le village de Mongone qui a la particularité d’abriter le premier check-point des combattants d’Atika sur cet axe qui mène également vers les localités de Wangarang, Katipeu, Biti-Biti et la frontière gambienne.

Birkamanding I, à l’instar des 12 autres villages que polarise la Zone des palmiers a payé un lourd tribut à ce long conflit armé qui sévit en Casamance. Et c’est en raison des conditions économiques et sociales difficiles qui prévalent au sein de ces communautés de la Zone des Palmiers que les populations ont jeté depuis belle lurette leur dévolu dans la forêt pour apporter des réponses à leurs dures conditions de vie. Car pour assurer leur survie, elles n’ont eu d’autres moyens que de recourir à la déforestation. Mais au fil du temps, cette pratique combinée aux feux de brousse a fini par prendre une grande ampleur et impacter, du coup, sur les conditions  d’existence de ces populations fortement enclavées. C’est donc face à la montée des périls que les populations de Birkamanding I ont décidé de prendre les taureaux par les cornes pour mener la croisade contre ces fléaux des temps modernes. Une prise de conscience qui a pris les contours d’un congrès villageois porté par l’Union pour le Développement de Birkamanding I (UDB) et qui a mobilisé  les fils de cette localité, les populations des localités jumelles de Barekesse, Birkamanding II et de Coulandian ainsi qu’une forte communauté gambienne. Un Congrès dont la cérémonie officielle qui a eu comme cadre (pluie oblige !) les locaux de l’école élémentaire du village fut présidée par Bécaye Diédhiou le 1er adjoint au maire de Djignaky ; et ce, en présence des délégations des parrains, des élus locaux, du représentant du CADP, des partenaires au développement, des associations de femmes et de jeunes, des notables, de nombreux invités, etc.   

S’exprimant lors de cette cérémonie officielle au nom du président du Congrès, Zacharia Goudiaby a laissé entendre que Birkamanding I a toujours œuvré pour son développement. Et ce, avec de multiples efforts entrepris, dit-il, dans le cadre du reboisement, de la culture des parcelles réservées pour le village et les cotisations des populations pour soutenir les secteurs de l'éducation et de la santé. Mais pour Zacharia Goudiaby de tels investissements tardent à donner des fruits susceptibles de booster le développement de la localité du fait de nombreux obstacles dont notamment ceux liés à la mobilisation des ressources humaines. Toute chose qui justifie, à ses yeux, l’organisation de ce congrès dont l’objectif est de rassembler, note t il, les gens autour d'un seul but : le développement de Birkamanding 1.

C’est dire que le développement aujourd’hui, le développement pour les populations de Birkamanding I, passe selon les populations locales, par des  actions entreprises pour le reboisement, la préservation, la protection et le  contrôle de leur forêt qui a  longtemps connu une exploitation abusive. Normal d’ailleurs si ce congrès ait été placé sous le sceau du reboisement. Une journée de reboisement parrainée par l’édile de Diouloulou. Malang Thiam qui, après son geste de haute portée citoyenne, a eu des mots à l’endroit de la presse et des communautés locales !

Populations locales, autorités municipales, l’Union pour le Développement de Birkamanding I (UDB), Comité d’Actions pour le Développement de la zone des palmiers (CADP), partenaires au développement, associations communautaires, parrains, etc. ont ainsi saisi l’opportunité de ce Congrès de Birkamanding I pour jeter encore une fois les bases de la réflexion autour des questions environnementales. Le 1er adjoint au maire de Djignaky qui a présidé cette manifestation a, du coup, apporté sa contribution à cette problématique. Pour Bécaye Diédhiou Birkamanding I mérite comme tous les autres villages une manifestation de ce genre. Et que tous ont fini par comprendre, poursuit-il, que c’est par l’unité des cœurs et des esprits, que c’est par la synergie des actions qu’ils arriveront  à prendre en charge le développement de ces localités. Le 1er adjoint au maire de Djignaky qui a remercié au passage les parrains a en outre profité de cette tribune pour faire l’état des lieux de la politique communale au niveau de la zone des palmiers ; non sans manquer de justifier la mise en branle des quatre priorités de la commune et la construction prochaine de deux nouveaux forages à Biti-Biti et à Baranlir et qui seront interconnectés.

Quid d’Ibou Coly  représentant l’édile de Diouloulou Malang Thiam parrain de la journée de reboisement et de Malang Diémé représentant le parrain du congrès Salif Diédhiou le natif de Badiana et inspecteur au CMS ? Deux plénipotentiaires, deux messagers qui ont magnifié le choix des parrains, porté le message de leurs mentors et jouer leur partition pour la réussite de ce congrès.

S’il est vrai que l’absence de l’Etat n’est point un secret de polichinelle dans ces endroits perdus et difficiles d’accès ; s’il est vrai également que les activités des populations locales sont plus orientées vers la Gambie voisine et que leur survie dépend en grande partie du pays Yaya Jammeh, il n’en demeure pas moins que dans ces localités de la zone des palmiers les populations notamment les jeunes aspirent aujourd’hui à un mieux-être et d’un développement durable. Une aspiration qui contraste vivement avec les pratiques en vogue dans la zone des palmiers. D’ailleurs pour Daouda Boss Sonko, la coupe abusive des arbres qui mènent à la déforestation et à la désertification va tôt ou tard  conduire les populations locales à la pauvreté. Et l’homme est d’avis qu’on ne peut parler de reboisement tout en continuant la coupe abusive des arbres. Et mieux le président du Comité d’Actions pour le Développement de la Zone des Palmiers (CADP) estime qu’il y a aujourd’hui lieu de préserver et d’entretenir le disponible en termes de ressources naturelles. Le conseiller municipal de Djignaky Youssou Diédhiou s’est quant à lui réjoui de la reprise du congrès de Birkamanding I qui va, souligne t il, contribuer au développement de la commune de Djignaky. Youssou Diédhiou pour qui cette situation alarmante incombe d’abord aux populations et fils de Djignaky a invité par ailleurs les jeunes à se mobiliser pour le reboisement. « Car nous n’avons pas le droit de détruire ce patrimoine legs de nos ancêtres que nous devons transmettre à notre tour à nos enfants » soutient il.

Cette cérémonie qui consacre l’ouverture officielle du congrès de Birkamanding a également été mise à profit par les femmes de   cette localité regroupées au sein du GIE Kajamor pour présenter les produits locaux et faire étalage de leur expertise en matière de transformation de ces produits. Et ce, sur fond de plaidoyer assuré par Youssou Diédhiou pour une consommation locale et une promotion de ses produits locaux !

Donc face aux enjeux des changements climatiques qui perturbent aujourd’hui l’équilibre du monde, face aux feux de brousse, aux coupes abusives du bois et pour une meilleure gestion de leurs forêts, de leur environnement, les populations de Birkamanding I mû par un même idéal ont donc décidé de prendre en compte cette menace et d’agir. Une action qui a pris les contours d’un investissement  citoyen qui a mobilisé des centaines et des centaines de jeunes, femmes, notables, etc. pour une journée de reboisement au niveau de la forêt villageoise.

Il s’agit par cette démarche de restituer la forêt de Birkamanding ; une forêt qui a toujours été considéré comme un filet de sécurité par les populations enclavées de la Zone des palmiers qui y trouvent là un moyen de subsistance. Mais seulement l’exploitation à grande échelle de ces forêts a fini par porter atteinte aux conditions d’existence de ces dernières. Aujourd’hui il s’agit donc de limiter la dégradation de l’environnement grâce à une politique de reboisement. Un enjeu compris par tous ; à savoir jeunes, femmes, notables, imam, chef de village, etc. et qui, à cet effet, ont réitéré pour la circonstance leur serment de reboiser, de préserver, de promouvoir, de contrôler la forêt de leur terroir si chère à leurs aïeuls. Abba Diédhiou vice-président du Congrès et Abdoulaye Laity Goudiaby président du Congrès, Ansoumana Badji chef de village, Siré Coly présidente des femmes Kaoussou Diagne au nom de la délégation gambienne et tant d’autres jeunes apprécient !

Une activité qui ne pouvait également laisser indifférent Ousmane Bodian agent de développement rural et Oumar Diémé principal du CEM Kagnarou venus apporter leur soutien et jouer leur partition pour la réussite de ce noble projet. Deux amoureux de la nature qui ont d’abord tour à tour apprécié la démarche des populations de Birkamanding I, engager un plaidoyer pour la préservation des forêts  avant de lancer des messages à l’UDB et aux populations de la zone des palmiers.               

Et il faut aussi noter que cet engagement citoyen rehaussé par la présence des jeunes des localités jumelles de Birkamanding II, de Barekesse, de Coulandian et d’une forte communauté gambienne, a eu des relents carnavalesques. Une manière pour la communauté gambienne qui a  assuré le tempo de joindre l’utile à l’agréable !

Signe des temps Birkamanding I aura donc vibré pendant trois jours, de jour comme de nuit, au rythme d’animations folkloriques et de veillées culturelles. Appréciez ici la danse du Kumpo assurée par la troupe villageoise!

Les veillées culturelles étaient quant à elles assurées par l’orchestre Soforal ; Un groupe composé de jeunes sénégalais, six jeunes garçons et trois filles, basé en Gambie. Dirigé par le natif de Thiobon Diéré Coly ce groupe qui fait face à un manque de moyens criards excelle tout même dans l’animation culturelle avec des sonorités locales fortement appréciées par la gent féminine casamançaise. Jugez-en !

Auteur: Tapha I. BADJI
Date de publication: 2016-08-22 12:59:37
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