• Ziguinchor/Politique touristique en Casamance : La SAPCO-Sénégal dévoile sa stratégie
  • Oussouye/Oukout/Remise Kits solaires : Le PUDC « électrise » 60 chefs de village
  • Casamance/Atelier sur le Marketing territorial : Pour promouvoir le label Casamance
  • Ziguinchor/Forum sur la gouvernance environnementale : De fortes recommandations pour une bonne gouvernance forestière
  • Football/Casa Sports : Malamine Tamba le président de « Allez Casa » dit tout

Mohamed Lamine Manga Historien de formation, environnementaliste et analyste politique : «Nous avons une élite prédatrice, antipatriote qui verse dans la politique politicienne et qui freine le développement du pays » (VIDEOS)

Scoopsdeziguinchor.com : S’il y a un sénégalais pour qui le développement de la Casamance naturelle est plus que possible, c’est bien Mohamed Lamine Manga. Et pour ce faire l’historien de formation, environnementaliste et analyste politique préconise la mise en branle de ce qu’il appelle la Politique de la Pédagogie de l’Action (PPA) qui met les populations et tous les acteurs concernés au centre des actions concrètes de développement ; telle la préservation des forêts casamançaises. Seulement pour bien à bien cette politique, le natif de la Casamance qui vit présentement en Norvège préconise une politique rigoureuse de gestion des ressources, une politique équitable qui rompt définitivement avec le népotisme et le clientélisme politique en vogue sous nos cieux. Dans cette interview accordée à scoopsdeziguinchor.com Mohamed Lamine Manga le coordonnateur de Nacuheal (Nature, Culture and Heath association qui s’active dans le cadre de la préservation des forêts casamançaises depuis près d‘une dizaine d'années apporte sa solution par rapport aux questions environnementales, expose sa vision du développement. Non sans manquer de pointer du doigt les tares congénitales qui plombent le développement, du Sénégal et de la Casamance naturelle !

testimg1

Qu’est ce qui justifie votre passion pour l’environnement ?

Aujourd’hui l’on constate que les défis environnementaux qui interpellent l’humanité en général et l’Afrique subsaharienne en particulier sont immenses. Et il va falloir que les gens s’organisent pour anticiper sur d’éventuelles crises qui pourraient en découler. Et ce, d’autant plus que chaque année on enregistre 32 millions de migrants climatiques à travers le monde qui quittent leur habitat d’origine pour des raisons liées à la dégradation de leur cadre de vie. Et ici en Casamance on constate également que les belles forêts que nous avions 10 voire 20 ans en arrière ont été détruites par l’action anthropique, et en particulier par des individus n’habitant pas la région, qui viennent d’ailleurs ; et qui pour la recherche de leur quittance détruisent nos forêts. Et c’est finalement nous les populations qui en payent les conséquences.

Pensez-vous qu’en Casamance les populations sont aujourd’hui conscientes de la montée des périls par rapport à ces questions environnementales ?

D’abord si l’on constate ce qui se passe au niveau étatique par rapport à la problématique environnementale, c’est plus du folklore. Durant le sommet de la COP 21 on avait senti vraiment un certain enthousiasme de la part de nos autorités, mais cela était juste du cinéma pour capter des fonds ; parce qu’en réalité une politique environnementale elle doit être durable, elle doit être planifiée et elle doit être visible à travers des actions concrètes. On nous parle de reboisement par çi par là mais, mais c’est de façon ponctuelle que cela se fait et non pas sur la longue durée. Moi mon rêve c’est de voir l’état sénégalais inclure dans les programmes scolaires la semaine du civisme et de l’environnement. Une semaine où les enseignements et leurs élèves iront monter des camps de reboisement durant une semaine et où on inculquera aux jeunes des actions de civisme. Car si ces derniers ne sont pas conscientisés sur ces fléaux là on ira droit vers la dérive. Et les jeunes doivent grandir avec cela. Voilà pourquoi au sein de notre organisation NACUHEAL (Nature Culture and Heath) Sénégal, nous encourageons la participation des élèves du primaire et du collège à nous accompagner dans nos activités de reboisement. Une manière de les inciter à s’approprier l’idée ; et une fois qu’ils grandiront de continuer le travail que nous avons initié.  En réalité il faut dire que les gens ne sont pas conscients des périls aussi bien au niveau étatique qu’au niveau des collectivités locales. Ils ne font que du folklore alors qu’on aurait pu dérouler des programmes pendant toute l’année mais suivant des plans quinquennaux voire des plans qui s’étalent sur une décennie voire cinquante ans même. C’est comme cela qu’on prévoit le développement.

Malgré tout l’Etat du Sénégal a pris un certain nombre mesures avec le recrutement d’un nombre important d’agents des Eaux et forêts et en mettant en branle des stratégies pour lutter contre le trafic illicite de bois. Est-ce à dire que de telles mesures sont insuffisantes pour relever les défis  environnementaux en Casamance ?

Moi je considère que ces mesures sont insuffisantes. Je faisais partie des premiers à mener un plaidoyer pour une gestion rigoureuse des ressources environnementales. Et cela fait près d’une dizaine d’années que nous avons anticipées et notre organisation s’active dans cela. Les questions environnementales ne se limitent pas au reboisement, au recrutement d’agents des Eaux et forêts ou à tenir des beaux discours. C’est plutôt des actions concrètes. Nous nous essayons de mettre en vigueur ce qu’on appelle la politique de la pédagogie de l’action (PPA). Ce que nous envisageons à  travers cette démarche là, c’est d’aller au-delà des discours, de mener des actions concrètes de reboisement. Quand on doit éduquer les populations le discours seul ne suffit pas et il faut que les autorités cessent de discourir. Et avec la PPA, mener des actions, aller sur le terrain comme le faisaient des leaders tels que Thomas Sankara au Burkina, Jerry Rawlings au Ghana, Paul Kagamé au Rwanda, etc. Pourquoi au Sénégal nos autorités ne pourraient pas descendre sur le terrain, donner l’exemple et montrer aux populations les actions à mener. Car l’Etat ne peut pas faire croire aux populations qu’il est l’acteur principal du développement ; l’Etat doit plutôt créer les conditions du développement en encadrant les populations à relever leur niveau de vie. C’est comme cela qu’on atteint le développement. Faire croire aux populations que c’est l’Etat qui doit développer le pays cela est un leurre car l’Etat ne peut que créer les conditions. Et dans le domaine de l’environnement cela est très facile.

En quoi faisant ?

Cela part de la réalisation des pépinières, de l’éduction des jeunes à l’école par rapport aux questions environnementales et par rapport des actions qui peuvent inciter les populations à reboiser des arbres sensés leur procurer des revenus comme nous l’avons fait à Colomba, Teubi, Biti-Biti et dans d’autres localités. Et à côté des arbres forestiers tels que le teK et autres qui sont importés, planter de l’anacarde, du citronnier, et bien d’autres choses tout en continuant à éduquer les populations à récolter du miel. Et c’est par de telles initiatives qu’elles peuvent générer des revenus et être à la longue autonome. 

Aujourd’hui il est question de relance du tourisme en Casamance ; est ce qu’il n y a pas lieu de lier cette activité touristique aux questions environnementales. Une manière de vous demander si l’écotourisme ne constitue pas une solution à la problématique environnementale en Casamance ?

Je partage votre avis car l’écotourisme aujourd’hui s’il est bien conceptualisé avec les acteurs qui s’y connaissent peut être la solution. Et il y a des étudiants qui ont mené des études sur la question, mais on ne les implique pas. Tout ce que l’on constate c’est qu’on met des individus à des postes de responsabilité sans aucune compétence u Sénégal. Parce que le président de la république lui-même, politique politicienne oblige, veut satisfaire sa clientèle politique. Tout le contraire de la politique politique telle que théorisait par Senghor et qui consiste à s’oublier pour se mettre au service de l’Etat. Nous avons un président de la république qui est ambitieux et qui veut faire de belles choses mais malheureusement c’est le choix des hommes qui pose problème ; et cela est une politique à revoir. On lui souhaite bien un second mandat mais il va falloir qu’il revoie sa politique notamment ici en Casamance région oubliée par l’Etat et portée par une élite incompétente. Et j’en appelle également aux populations pour faire des choix opportuns par rapport aux hommes qui doivent porter leurs aspirations et qui doivent présider aux destinées de la région.

Quel est votre bilan par rapport à vos activités menées sur le terrain ?

Le bilan s’il fallait l’évaluer on l’a atteint à 70% pour être honnête. A Tenghory où nous l’avions commencé il y a près de 10 ans les populations commencent là-bas à récolter les noix et c’est pour elles des hectares et hectares d’arbres d’anacarde et de Tek. Et si vous allez au niveau de l’ancienne forêt classée de Tenghory que nous sommes entrain de récupérer par le biais de la reforestation, vous verrez que les populations sont entrain de gagner des revenus avec la récolte de noix d’anacarde. D’aucuns à Tenghory oublient même que nous avons été les pionniers de cette opération par le canal du reboisement. Idem à Colomba où nous avons également fait l’évaluation. Le représentant du comité local pour l’environnement que nous avons établi nous a fait savoir que les anacardiers ont produit et qu’il espère que l’année prochaine les superficies que nous avons reboisées leur permettront d’avoir assez de revenus. Cela nous l’avons réalisé également dans la zone de Brikamanding I vers la frontière gambienne et à Kagnarou ; et c’est des actions qui doivent continuer. Comme je l’ai dit nous nous voulons juste mettre en œuvre la Politique de la Pédagogie de l’Action (PPA). A travers des actions précises, amener les populations à prendre conscience non pas par la parole mais à travers ces actions concrètes, réalisées ; et leur faire comprendre que le développement ce n’est pas le discours mais c’est l’action. Et c’est ce concept que nous avons théorisé et que nous comptons mettre en œuvre. Et nous espérons bien sous peu que nos actions  fassent tache d’huile car il y a déjà des communautés qui ont commencé à reproduire ce que nous faisons. C’est dire qu’une prise de conscience est entrain de s’opérer. Seulement on ne peut pas espérer récolter les fruits de ces actions dans l’immédiat. Il faut d’abord prendre l’initiative et se dire qu’on pourrait même ne pas assister aux résultats escomptés. Ce sont souvent des programmes à long terme.

Les populations peuvent donc être rassurées quant à la pérennisation de ces activités par NACUHEAL et de ses partenaires ? 

On l’espère car nous avons des partenaires qui nous soutiennent de temps en temps telles Panasonic, et une association féminine norvégienne qui englobe des femmes propriétaires de forêts privées ; mais cela ne peut pas continuer. Mais moi qui ai commencé à planter depuis l’âge de 8 ans je continuerais  à le faire à mon niveau. C’est une passion et je ne continuerais à le faire car cette région représente tout pour moi, le Sénégal représente tout pour moi. Je dois donner ma vie comme beaucoup d’autres l’ont fait pour cette région et pour le Sénégal. Nous le faisons à travers l’agroforesterie, la reforestation et si les moyens suivent nous prendront davantage de responsabilité. Car ces populations méritent un meilleur sort, elles méritent un meilleur avenir. Et l’Etat tout comme les élites locales ont aussi leur part de responsabilité dans cela.

Beaucoup de projets, beaucoup de programmes en Casamance pour peu d’impacts, qu’est ce qui explique cela selon vous ?

L’impact ne peut pas être visible parce que comme je l’ai dit tantôt il y a un problème de choix des hommes. Car quand vous placez à des postes de responsabilité des hommes incompétents qui n’ont aucune expertise, il va de soi qu’ils ne pourront mener à bien ces programmes. L’autre aspect concerne ces agences qui sont budgétivores. Beaucoup d’agences ont été créées au Sénégal, en Casamance mais tant qu’on ne rompt pas avec la politique politicienne et mettre en avant la politique politique théorisée en 1968 lors du congrès de l’UPS par le président Senghor rien ne marchera. Le Sénégal a toutes les ressources pour se développer mais malheureusement nous avons une élite prédatrice, antipatriote qui verse dans la politique politicienne. Et au bout du compte ce sont les populations qui en payent les frais et cela doit finir. Au niveau de la Casamance, depuis  notre jeune âge, on a vu beaucoup d’agences, de projets, de programmes s’y déroulés, et on pas vu l’impact. Au contraire c’est des projets budgétivores et les fonds investis ont plutôt servis à nourrir une clientèle politique ou profitent tout simplement aux gestionnaires.

Est-ce qu’il n y a pas lieu de faire l’audit de tous ces projets et programmes ?

L’audit ne sera jamais mené à bien. On a toujours entendu parler d’audit mais ce qui manque c’est la volonté politique. Mais regardez le débat autour du pétrole au Sénégal, c’est un scandale.  Un frère du président de la république impliqué dans la gestion de pétrole cela n’aurait jamais du se passer dans une démocratie véritable. C’est vrai qu’il est entrain de mener des actions positives par çi par là, mais si on ne sent pas tellement l’impact c’est parce quelque part il y a une sorte de patrimonialisation des institutions, une patrimonialisation des biens de l’Etat qui font que le développement du pays est tiré vers le bas. C’est dire qu’il faut mettre fin au népotisme, au clientélisme et mener une véritable politique de développement, une politique rigoureuse de gestion des ressources, une politique équitable afin que le pays puisse décoller. Le Sénégal a tout ce dont on a besoin pour se développer mais malheureusement avec ce que nous voyons le développement n’est pas pour demain.

Quel est selon vous le profil du casamançais sensé prendre en charge les préoccupations du citoyen lamda ?

A mon avis un individu seul ne peut développer la Casamance ; c’est la somme des compétences qui peut aider à propulser cette belle région qui a beaucoup de ressources. Toutefois il y a des profils qui sont nécessaires car nous avons besoin d’hommes politiques qui doivent s’oublier et penser au quotidien au développement de cette région là. Moi il y a la génération des Emile Badiane, Assane Seck, Ibou Diallo qui m’a inspiré. Voilà de vrais patriotes qui ont aimé leur région, qui ont œuvré pour relever le niveau de vie de cette région ; mais malheureusement il y a eu ensuite une élite qui a pris le relais et qui n’a pas su assumer sa casamancité dans le Sénégal. Aujourd’hui ce dont nous avons besoin c’est des leaders politiques qui doivent être fiers d’être casamançais, qui assume leur casamancité de façon forte mais sans verser dans le régionalisme. Des leaders qui essayent de promouvoir les valeurs de la nation sénégalaise et contribuer au quotidien au développement de la région. Ils doivent être des leaders forts qui savent s’oublier et qui doivent savoir que s’ils sont élus c’est parce qu’il y a des populations qui fondent leur espoir sur eux. Voilà ce que nous attendons.

La Casamance est une région à vocation agricole, mais l’essor économique tarde à se matérialiser. Quelles sont les raisons de cette situation selon vous ?

Les politiques étatiques en Casamance sont légères, mal planifiées et ne sont pas en outre exécutées par les hommes qu’il faut. En plus elles ne sont pas évaluées pour voir sil y a lieu de les remédier. Un programme quand on l’établit il faut d’bord commencer par une phase pilote.  On ne peut pas commencer un programme à l’échelle nationale, à l’échelle régionale. Si nous prenons le secteur spécifique de l’agriculture mon souhait serait que l’Etat commence à mettre sur pied une sorte de coopérative sous forme de projet pilote où on mobilise des jeunes qui sont intéressés par l’agriculture afin de les encadrer  avec des ingénieurs agricoles. Ces jeunes vont travailler dans ce projet pendant un an et seront rémunérés à hauteur d’une somme qui leur permettrait de subvenir à leurs besoins. S’agissant des fruits de la récolte, l’Etat peut les racheter pour les redistribuer. Et c’est en cela qu’on peut pousser les jeunes à aimer l’agriculture. Ce qu’on voit au Sénégal est inconcevable car on voit des milliers de jeunes quitter les zones rurales pour aller s’installer à Dakar. Et ceux qui sont à Dakar et les zones urbaines aspirent à migrer vers l’étranger à cause du mirage de l’occident ; cela jusqu’à quand ? Et avec cela on ne peut pas faire le développement. Il faut aujourd’hui ancrer les jeunes au niveau des terroirs à travers l’agriculture. Et si ces projets pilotes portent leurs fruits il faudra les multiplier au niveau national. Et à la longue on va atteindre l’autosuffisance alimentaire tout en protégeant les agriculteurs. Moi je ne peux pas concevoir aujourd’hui qu’on produise au Sénégal et qu’on ait du mal à écoulé cette production ; qu’on produise assez d’oignons et que cette production soit concurrencée par celle importée. Il s’agit de mener une politique protectionniste pour les produits dont nous disposons à suffisance.

L’autosuffisance alimentaire en riz en 2017 vous y croyez vous ?

Moi je n’y crois pas. C’est des chimères, des déclarations d’intention qui ne sont pas suivies d’effets. Il y a trop de folklore au Sénégal et cela doit cesser. Il faut une politique rigoureuse avec des hommes de poigne qui sont prêts à donner leur vie pour le développement de ce pays. Le développement, ce ne sont pas des mots, ce sont des actions. Et l’autosuffisance en 2017, je n’y crois pas même si nous avons les ressources pour la matérialiser. Et il faut savoir canaliser ces ressources là vers des programmes efficients.

Quid des Domaines Agricoles Communautaires (DAC) mis en branle ces dernières années au Sénégal ? Est-ce selon vous une solution pour atteindre l’autosuffisance alimentaire ?

Si c’est bien encadré, c’est une bonne solution. Ici au Sénégal on ne manque pas d’idées mais c’est le suivi des projets et leur exécution qui posent problème. Les sénégalais contribuent partout à travers le monde à conceptualiser des projets de développement mais pourquoi cette expertise sénégalaise ne peut pas profiter aux communautés, aux populations sénégalaises dans le cadre du développement. Quand des experts sénégalais préfèrent sortir du pays pour aller monnayer leur talent ailleurs cela est un drame. Il urge d’encourager ces sénégalais à revenir au bercail pour développer ce pays. Mais tant qu’il y a la corruption, le népotisme on ne pourra pas atteindre le développement. Car le développement c’est aussi la bonne gouvernance une gouvernance qui doit commencer par éliminer toutes ces tares qui sont congénitales au Sénégal tel le masla et autres.

Êtes-vous prêt à redescendre dans l’arène politique pour faire bouger les choses en Casamance ?

Vous savez la politique j’avais flirté avec mais ensuite pour des raisons personnelles j’ai du suspendre mes activités. Je n’exclus pas de revenir un jour à la politique, mais pour l’instant je ne me sens pas prêt. Je donnerais ma vie pour cette région car la casamance quand on la touche on me touche en même temps. Le chemin politique est parsemé d’embuches mais un jour je m’engagerais peut-être en politique.

Votre dernier mot à l’endroit de vos concitoyens !

Mon message va d’abord aux jeunes. Tout le monde ne peut pas être dans un bureau, tout le monde ne peut pas aller en Europe. Si nous qui sommes en occident faisons à chaque fois des aller et retour, c’est parce que nous croyons toujours au terroir. Comme le dit l’adage la terre ne ment pas. Retournons à la terre et produisons nous-mêmes ce que nous consommons. C’est par cette voie que nous pouvons atteindre le développement. L’Université Assane Seck de Ziguinchor (UASZ) forme aujourd’hui beaucoup d’étudiants qui n’ont pas de débouchés. C’est pourquoi j’exhorte la jeunesse casamançaise à retourner vers la terre. Dans la même veine je demande à l’Etat de mettre l’accent sur l’agriculture. Un Etat qui veut se développer doit être autonome en termes d’autosuffisance alimentaire. Mais malheureusement nous n’en sommes pas encore là. Nous continuons à importer les produits que nous nous consommons et cela n’est favorable au développement. Le Sénégal dispose d’assez de terres arables, dispose d’assez d’eau dans ses nappes ; donc il faudrait que l’Etat prenne en charge le secteur de l’agriculture et penser également à la santé, au transport. Et pour parler de transport, moi mon rêve c’est de voir un chemin de fer partir de Ziguinchor pour arriver à Dakar. Le président Wade avait émis ce vœu et moi je crois fermement que c’est possible. Des pays africains ont aujourd’hui le TGV alors pourquoi pas le Sénégal ! C’est cela mon rêve pour le Sénégal qui est un beau pays qu’il faut préserver !

Auteur: Propos recueillis par Tapha I. BADJI
Date de publication: 2016-12-09 16:43:14
Nombre de réactions:0

Réagir à cet article!
    rss Imprimer cet article Mail

Articles 1 à 10 sur 65
Suivant Dernier

Tous les commentaires
Copyright © 2012 scoopsdeziguinchor.com - Conception & design: Jean Ndiaga Bakhoum - (Digital Video Shop)