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Bignona/journées culturelles de Finthiock : Le péril du patrimoine culturel diola en question

Scoopsdeziguinchor.com : La culture casamançaise et singulièrement la culture matérielle de la zone territoire des Kalounayes ont été magnifiées les 28 et 29 décembre dernier à Finthiock sanctuaire des traditions culturelles et cultuelles du monde diola. C’était dans le cadre du lancement de la 9ème Edition des journées culturelles et économiques à l’actif de l’Association pour le Développement Economique et Social de Finthiock (ADESFI). Occasion également pour des intellectuels et acteurs culturels casamançais de disséquer sur le patrimoine culturel (immatériel) diola

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« Le patrimoine culturel diola est-il en péril » ? Tel est d’ailleurs le thème de cette 9ème  Edition des journées culturelles et économiques initiées par l’ADESFI. Un thème loin d’être fortuit de l’avis de l’enseignant et conférencier Abdoulaye Sagna par ailleurs président d’honneur de ces journées culturelles ; et pour qui « la culture dont il s’agit ici est une façon de penser, de s’exprimer et d’agir ; celle qui permet de s’inspirer du passé pour contrôler le présent, sécuriser le futur ». Dans son discours d’usage, le conférencier a soutenu que l’on ne peut pas parler de développement et de paix à l’absence de la culture. « C’est le socle de la société ; et l’on dit souvent qu’un peuple sans culture est un peuple sans âme » note-t-il. Une manière pour lui d’insister sur le prima de la culture sur tout processus de développement local. Car convaincu que l’émergence de notre pays en général et surtout de la Casamance ne peut se faire sans une imbrication de la culture et de l’économie, qu’elle soit façonnée par les acteurs au développement ou initiée par l’Etat. « Et si nous ne fixons pas un regard attentif sur cette symbiose il est probant que la défaite culturelle de notre société surgira de ce manquement ». Dixit Abdoulaye Sagna pour qui l’enjeu de notre développement repose sur la maitrise par nos intellectuels et autres acteurs de l’évolution de notre patrimoine ; et maitrise qui se situe, entre autres, sur le recouvrement de la souveraineté à l’égard des visions culturelles d’orient et d’occident. « Le patrimoine culturel diola est-il en péril » ?

« Le patrimoine culturel diola est-il en péril » ? Un thème qui a taquiné également l’intellect de l’acteur culturel le président du MPC Ali Sega Camara. Le parrain de ces journées culturelles de Finthiock qui s’est voulu formel par rapport au péril du patrimoine culturel diola qui semble bien réel, à ses yeux. « Combien de jeunes diolas sont incapables de comprendre que dans la culture diola, dans la pensée philosophique et mathématique diola l’homme n’est que dénombrement ? S’est-t-il interrogé. Car pour Ali Séga Camara, l’homme est dans l’entièreté dans le dénombrement et le dénombrement est dans l’entièreté dans l’homme. « Car le diola commence par « foutock » (5) et va à kabanann (20) ; cela veut dire que le dénombrement est à la dimension de l’homme et l’homme est dans l’entièreté dans le dénombrement ; puisque l’homme ne compte que vingt (20) doigts, dix (10) sur les deux mains et dix (10) sur les deux pieds » explique-t-il. Autrement dit si les jeunes diolas ne comprennent pas la dimension de leur propre philosophie cela veut dire, poursuit M. Camara, que la culture et le patrimoine culturel diola est en péril. A en croire le politique et acteur culturel, le péril de toute culture commence par l’invocation de la culture parce que l’invocation de la culture c’est de l’inculture, a-t-il souligné. Une manière pour lui de marteler que la culture doit être manifestée et non invoquée. Car « lorsqu’on l’évoque on fait de l’inculture » note-t-il.  Et le second pied du péril du patrimoine culturel est écrit, de l’avis d’Ali Séga Camara, dans la modernité, encadré par le temps qui est l’ennemi principal des sociétés qui perdent leurs identités culturelles. Et pour le parrain de ces journées, les sociétés doivent faire attention au temps parce que le temps, soutient-il, « est un voleur, un désamour ; un désamour pour la réconciliation entre la modernité et la tradition ; et le temps est un sablier sans cœur qui efface tout pour rendre la culture martyr dans sa propre société d’origine ».

Quid d’Abdoulaye Kéba Diédhiou maire de la commune de Coubalan ? Apportant sa contribution par rapport à ce thème, ce dernier estime à son tour qu’il est aisé de constater que le patrimoine culturel diola notamment est en péril. Et ce, à cause notamment de la montée en puissance de la langue ouolof, aux programmes des radiotélévisions qui ne favorisent pas, à part le ouolof, les langues locales comme le diola, tranche-t-il.

Auteur: Tapha I. BADJI
Date de publication: 2018-01-23 00:36:47
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