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DOUDOU KA, ADMINISTRATEUR GÉNÉRAL DU FONGIP : «En 4 ans, nous avons pu mobiliser 48 milliards FCFA pour financer 3 000 GIE et plus de 900 Pme»

Scoopsdeziguincghor.com : Qu’on l’aime ou non, il faut reconnaître à Doudou Kâ sa fidélité sans faille à Macky. Homme de peu de mots et adepte du politiquement correct, l’enfant de Cabrousse abhorre la politique politicienne et adore le travail. Depuis quatre ans, l’ancien conseiller spécial du Président Sall conduit les destinées du Fonds de garantie des investissements prioritaires (Fongip). Dans cet entretien à bâtons rompus, l’administrateur général du Fongip étale ses mille et une réalisations à la tête de cette structure et décline ses ambitions futures. Avec un ton mesuré et posé, le leader du mouvement Union des forces en mouvement pour le développement/Dolel Koloré déroule fièrement les réalisations colossales du chef de l’État en Casamance, tout en égratignant le chef de file de Pastef, Ousmane Sonko.

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En votre qualité de Directeur général du Fongip, quel bilan pouvez-vous tirer après quatre ans d’existence ?


Après 4 années d’exercice, nous avons un bilan positif, à plusieurs égards. D’abord, nous avons pu opérationnaliser un outil innovant, qui n’existait pas avant 2012. Nous sommes actuellement en train de travailler avec 16 banques de la place et avons pu mobiliser 48 milliards FCfa de financement, en faveur de plus de 900 Petites et moyennes entreprises (Pme) et plus de 3 000 Groupements d’intérêts économiques (Gie) de jeunes et de femmes, avec en moyenne, plus de 40 000 bénéficiaires déjà touchés. Le Fonsis et le Fongip sont assurément les outils financiers sûrs de transformation structurelle de notre économie. Laquelle est composée à 99% de Pme et de Gie et qui ont une grande difficulté d’accès au financement. Au Sénégal, la croissance effective de 7% depuis plus de 3 ans n’a pas encore beaucoup d’impacts au niveau des Petites et moyennes entreprises. Puisqu’elle est portée par des investissements publics et d’autres secteurs, et que les Pme ne sont pas encore bien financées. Il fallait donc des ajustements structurels. Il y a un gap de financement d’environ 516 milliards FCfa qui ne sont pas encore résorbés. Le Fonsis et le Fongip ont pu démontrer qu’ils sont des outils financiers adaptés pour prendre en charge ce gap de financement, les difficultés liées à l’accès au financement des Pme et Gie de femmes et de jeunes, 99% de notre tissu économique. Il suffit de leur donner plus de ressources pour atteindre leur objectif. Le business-plan que nous avons élaboré et qui est validé par notre Conseil d’administration, a montré qu’avec 50 milliards FCfa de ressources annuelles, rien que l’action du Fongip permettrait de résorber 40% de ce déficit. L’action du Fongip pourrait être couplée avec d’autres, permettant de prendre en charge cette demande indispensable pour le Sénégal de demain.  

En 4 ans à la tête du Fongip, quels sont véritablement les projets qui vous ont le plus donné satisfaction ?  

Nous avons mis en place des fonds déterminants. D’abord, le Fonds de garantie pour l’acquisition de logement pour personne à revenu modeste et irrégulier (Fogalop) mis en place en collaboration avec la Bhs, sous la supervision du ministre en charge de l’Habitat, qui permettra à terme, à des acteurs informels, notamment des coiffeurs, artisans et mécaniciens et cordonniers, de bénéficier de financements de l’ordre de 25 ans pour acquérir des logements. Ce qui n’est pas possible sans ce fonds de garantie. Déjà, nous sommes en train de développer avec la Pda, un projet pilote de 225 logements au niveau de Tivaouane Peulh. Nous avons aussi pu mobiliser à Ross Béthio, plus de 200 jeunes dans l’agriculture pour aménager plus de 150 ha de culture du riz avec l’institution Ufm Louga. Cela a permis d’octroyer de l’emploi à des jeunes.  

Dg, vous l’avez dit : le Fongip a pu mobilisé 48 milliards FCfa. Maintenant, à combien s’élèvent les créances non recouvrées ?  

Nous avons pu mobiliser plus de 48 milliards FCfa en faveur des Pme et Gie de femmes et de jeunes, en engageant 12 milliards FCfa. Aujourd’hui, nous travaillons avec 16 établissements bancaires de la place et plus de 34 institutions de système bancaire décentralisé. Ce qui démontre aisément que l’écosystème a adhéré au modèle Fongip. L’expérience de l’État, en termes de financement propre, direct des instituions des fonds publics a donné un constat triste de plus de 90% de déperdition des fonds publics. C’est cela qui avait amené, à son temps, le président de la République à mettre en place des instruments innovants adaptés à la rareté des ressources publiques. Et le modèle Fongip est un modèle de risque partagé avec les institutions, un modèle de deuxième rang. Quand il y a défaut, le Fongip ne prend en charge que 70 à 80% du taux de défaut, les 20 ou 30% sont pris en charge par l’institution financière ou la banque. Après 4 ans d’exercice, nous sommes à un taux de défaut inférieur à 10%. Ce qui est exceptionnel, puisqu’avant, ce taux était en moyenne de 70 à 90%. Aujourd’hui, le modèle utilisé est pour mieux sécuriser les fonds publics. Et ce taux de défaut est à comparer à celui des Pme, qui est en moyen estimé à 30%. Le Fongip a un taux de défaut inférieur au taux de défaut du marché pour la cible Pme-Pmu. Au sein du Fongip, nous avons renforcé notre équipe d’analyse de risques. Ce n’est pas forcément tous les dossiers soumis par les institutions bancaires qui sont garantis, il y a un taux d’acceptation de 80% ; et pour les 20% des dossiers non acceptés, le Fongip ne trouve pas l’intérêt de les accompagner.  

Le problème avec les crédits, c’est souvent le remboursement. Avez-vous mis en place un mécanisme pour contraindre  les créanciers au remboursement ?  

S’il n’y a pas de défaut, le Fongip n’a pas son lieu d’être, parce que nous sommes un Fonds de garantie. L’importance, c’est de minimiser ce taux de défaut. Le Fongip a été mis en place pour adresser un signal fort et dire aux institutions bancaires que le président de la République, l’État du Sénégal, a confiance à ses acteurs économiques, ses Pme. Cette confiance s’est traduite par la mise en place d’un mécanisme qui garantit, en tant qu’État, les acteurs financiers. Le remboursement est important, mais ce n’est pas aussi facile de trouver des mécanismes de sur-garantie, en cas de défaut. Les banques jouent déjà très bien ce rôle-là. Les processus de financements des banques exigent des processus de recouvrements leur permettant de recouvrer les fonds perdus. Nous n’avons donc pas besoin de surenchérir, mais de faciliter l’accès à ces crédits. Puisque les banques vont elles-mêmes recouvrer. L’objectif est également de faire de sorte que les fonds soient revolving. Parce quand il y a de déperdition des fons, cela veut dire qu’on ne peut faire du revolving, donc atteindre les objectifs fixés par le gouvernement et le Fongip, en résorbant d’ici 2023-2025, au moins 40% des besoins de financements des institutions financières.   

Où en êtes-vous avec le projet de mutation institutionnelle du Fongip ?   

L’idée de création du Fongip et du Fonsis, c’est de résorber le gap de 500 milliards FCfa observés depuis 2010. Aujourd’hui, on est entre 40 et 50%. Pour ce faire, il fallait des ressources comme indiqué dans le business-plan, entre 50 et 80 milliards FCfa, pour prendre en charge ces 40%. Les cinq premières années d’implantation du Fongip nous ont amené à réfléchir et à faire une étude pour évoluer vers une garantie de signatures et de cash collatéral, qui donnera beaucoup plus de leviers. Cette nouvelle forme de garantie exige une nouvelle mutation institutionnelle du Fongip, qui est aujourd’hui, une agence à une société anonyme et une demande d’agrément de la Bceao pour devenir une institution financière de cautionnement et de prêts. Ce processus est enclenché depuis un an. Nous avons terminé les études, un cabinet international reconnu est en train de nous accompagner pour avoir l’agrément de la Bceao. Et nous pensons qu’avant fin 2019, le dossier d’agrément sera déposé, une fois la mutation institutionnelle effectuée. Cela nous donnera encore de la place dans l’écosystème bancaire, puisqu’il s’agit de mobiliser le système de financement privé bancaire. Pour nous permettre de résorber ce gap au niveau de l’État. Le Business-plan nous a montré que 80 milliards FCfa de fonds propres au démarrage ou une contribution annuelle de 8 ou 10 milliards FCfa, pendant 10 ans de l’État, nous permettent de mobiliser pratiquement 350 milliards FCfa, en 2024. Donc, c’est possible.  

Vous aviez décidé de publier la liste des bénéficiaires de vos fonds, alors que d’habitude, c’est silence radio au niveau des structures publiques ?  

Ce n’est pas nouveau. Chaque année, à la fin de chaque exercice, on communique sur le bilan. Nous avons présenté des résultats concrets pour dire que les cibles identifiées étaient complètement touchées. Aujourd’hui, nous avons pu toucher 41 des 45 départements du pays, où le Fongip a pu financer une Pme ou Gie. Territorialement, nous avons pu atteindre les cibles, nos objectifs. Il fallait aussi répondre à une demande de transparence des populations, de la diaspora, mais également à ceux qui se demandaient si pour bénéficier du financement du Fongip, il fallait être de l’Apr ou connaître Doudou Kâ. Les 48 milliards FCfa financés et la liste complète de tous les bénéficiaires sont disponibles sur notre site. Cela est de la pédagogie et est signe de renouveau dans le management public, à l’heure du bilan et de la réédition des comptes. Nous, jeunes devons changer la façon de gérer les affaires publiques et les mentalités. Nous étions à l’aise dès le départ, parce que le modèle avait pris en charge toutes ces pratiques antérieures de politique politicienne, de fonds claniques. En mettant en place un des dispositifs de second rang et de partage des risques, qui a permis de le dépolitiser.  

De plus en plus, certains agitent l’idée d’une fusion du Fongip, du Fonsis et de la Bnde pour une plus grande efficacité dans les interventions. Qu’en pensez-vous ?  

Notre système sous-régional ne permet pas la fusion de ces trois structures. Il urge plutôt de préciser le rôle de chaque entité et définir les synergies et les complémentarités qui existent entre les trois. D’ailleurs, le ministre de tutelle de ces trois institutions, celui de l’Économie et des finances, avait, dans une récente sortie, dit qu’il n’y avait pas forcément fusion, mais une recherche de complémentarité pour que chaque structure puisse jouer pleinement son rôle. J’ai participé, en son temps, en tant que conseiller spécial, à la conception du Fonsis et du Fongip dans le Cabinet du président de la République. Nous avons pendant six mois, avec mon ami Amadou Hott, que je salue au passage, fait le tour de toutes les institutions de garantie d’investissement qui existent à travers le monde, nous les avions étudiées et avons pu retenir des modèles qui s’adaptent au Sénégal, avant même la création de ces structures. Donc, ces modèles ne sont pas des modèles tâtonnés, mais ils sont bien étudiés. Le modèle européen ou français n’est pas forcément le meilleur pour les pays africains. Même à leur niveau, ils sont en train de revoir le fonctionnement de leur administration publique. Donc la fusion des mégastructures n’est pas adoptée à notre écosystème, il y a encore du travail à faire à ce niveau.   

Par ailleurs, sur le plan politique, quel a été l’apport du responsable Apr Doudou Kâ dans le parrainage du candidat Macky Sall ?  

Le parrainage est un système salutaire, un fait marquant de la présidence de Macky Sall au Sénégal. Mon mouvement, Union des forces en mouvement pour le développement/Dolel Koloré, composé de plusieurs maires de commune de la Casamance et au niveau national, a pu mobiliser et déposer pour trois départements (Ziguinchor, Vélingara et Malem Hodar) 18 225 parrains pour le compte de notre candidat Macky Sall. Nous allons faire un deuxième dépôt avant la fin de collecte des parrains, prévue en décembre. Nous allons largement dépasser la barre des 30 mille parrains fixés au départ pour montrer l’implantation de notre mouvement dirigé au premier rang par des maires de commune, principalement issus de partis de l’opposition, tels que Rewmi, Bokk Guis-Guis ou l’Ucs de Abdoulaye Baldé. Nous avions pris l’option de massifier le camp présidentiel pour permettre une victoire au premier tour du candidat Macky Sall.  

A Ziguinchor, il se susurre que vous voulez arracher la mairie des mains d’Abdoulaye Baldé ?  

Ce n’est pas encore le moment. Nous avons le temps. Mes ambitions pour le Sénégal et la Casamance sont connues, de même que ma vision pour ma ville natale, Ziguinchor. Je lance un nouvel appel à mon cousin de Cabrousse, le maire de Ziguinchor, Abdoulaye Baldé, un cousin de sang, à renoncer à sa candidature pour accompagner le Président Macky Sall. Il n’est jamais trop tard pour le développement de la Casamance. Et la Casamance vaut ce sacrifice. Parce que ce qui le lie au Président Sall est plus fort que ce qui les divise. Baldé a toute sa place dans la construction du Sénégal demain, dans la prise en charge des préoccupations des Sénégalais, avec son expérience d’homme d’État. C’est vrai que les gens pensent déjà à la mairie, mais le plus important, c’est l’union des Casamançais autour de la réélection du Président Macky Sall pour plusieurs raisons. Ses résultats en Casamance ont démontré ses ambitions pour cette partie du pays. Le pont de la Gambie était un rêve que le président a réalisé. Rien que pour cela, la Casamance doit massivement voter pour lui, au-delà des contingences partisanes. Il faut se lever et dire merci au Président Sall et l’encourager à poursuivre. On peut citer plusieurs exemples : le positionnement de la Casamance comme zone touristique d’intérêt national, avec des exonérations de charge pour toutes les Pme et entreprises, la réfection des hôpitaux, la construction de nouveaux bâtiments pour doter à l’Université Assane Seck un caractère de référence sous-régionale, les infrastructures amenées par le Promoville, le Ppdc avec les pistes de production, les digues anti-sel, la mise en place des bateaux avec la réduction du tarif et la densification du réseau de transport… Sans compter la Couverture maladie universelle, les Bourses sociales et la réduction du prix de l’avion Air Sénégal passé de 145 à 65 000 frs aller-retour…  

IBRAHIMA KANDÉ

Auteur: La Rédaction
Date de publication: 2018-12-03 18:54:23
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