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Guinée-Bissau : Une armée en mode « rébellion » et maillon faible de la démocratie

Scoopsdeziguinchor.com : En Guinée-Bissau, le rôle de l'armée, toujours présente dans la vie politique de ce pays de 1,8 millions d'habitants a toujours été une source d’inquiétudes aussi bien en période pré-électorale que postélectorale. C’est die que l’élection d’Umaro Sissoko Embalo vue comme un signe de la consolidation de la démocratie Bissau-guinéenne enclenchée depuis l’accession de Jose Mario Vaz à la tête de ce pays est loin de dissiper l’angoisse de certains observateurs politiques du fait de la position plus que problématique de l’armée Bissau-guinéenne qui a toujours son mot à dire dans le landerneau sociopolitique. C’est le cas du journaliste Alain Yero Embalo qui, en termes de réformes, plaide pour le dégraissage de l’armée afin de  fin définitivement aux problèmes de la Guinée-Bissau

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Le correspondant de RFI à Bissau est formel : « La Guinée-Bissau a une armée atypique issue d’un mouvement d’indépendance, d’une rébellion et qui a raté son passage vers une armée républicaine ». Et  la spécificité de cette armée, croit savoir Alain Yero Embalo, est qu’il y a beaucoup plus d’officiers que de soldats ; ce qui pose, dit-il, un problème de commandement. « Actrice de l’indépendance de la Guinée Bissau en tant que mouvement de lutte, cette armée pense qu’elle a également son mot à dire sur tout ce qui se passe dans le pays. Ce qui fait que le militaire n’est pas un homme à part mais plutôt un militant en uniforme » a-t-il indiqué. Et de poursuivre : « C’est étant un militant en uniforme que le militaire Bissau-guinéen pense qu’il doit de ce fait participer à la vie politique du pays ». Et cette participation, de l’avis du journaliste, se fait parfois sans partage ; ce qui explique, note-t-il, le poids que les militaires ont sur les décisions qui concernent le pays. Mais le comble ajoute Alain Yero Embalo, est que quand une décision ne les arrange pas, ils se révoltent avec un instrument que les autres n’ont ; à savoir leurs armes, l’arme qui détruit. Ce qui est, argue-t-il, déjà un problème. Et pire « les débats au sein des partis politiques, notamment le parti historique le PAIGC, se font le doigt sur la gâchette parce qu’il y a quelque part un militant en uniforme et qui a comme instrument de travail son arme. Et généralement quand on a le doigt sur la gâchette c‘est que les obstacles on les enlève à coup de kalachnikov ». Dixit le correspondant de RFI. Toute chose qui explique et justifie d’ailleurs, à ses yeux, ces dizaines  coups d’Etat réussis ou pas en Guinée-Bissau. 

L’observateur politique Bissau-guinéen se réjouit toutefois que depuis un certain temps des réformes ont été préconisées aussi bien par des experts de la CEDEAO que ceux de l’Union Européenne qui ont travaillé avec des experts locaux pour aboutir à ces réformes. Car pour l’homme des médias, il y aujourd’hui une urgence à réduire les effectifs de l’armée. Et pour cause ! « On constate qu’il y a 5000 hommes sous le drapeau ; mais en réalité il y a 2 voire 3 fois plus. Et si on prend ce nombre par rapport au nombre d’habitants, on se rend compte que le ratio est beaucoup plus important en Guinée-Bissau qu’un peu partout dans la sous-région. Et ce, par le simple fait qu’on a 4 à 5 militaires pour 10 000 habitants alors qu’ailleurs c’est 1,5 ou 2 militaires pour 10 000 habitants » a-t-il justifié. Et cela, pour Alain Yero Embalo, constitue un problème qui fait que sur le plan économique et sans budget, ils ne produisent pas et  consomment plus. Et en plus pour le correspondant de RFI en Guinée-Bissau, les soubresauts politiques que le pays a connus ont fait qu’il y avait de plus en plus la nécessité d’intégrer des hommes ; des hommes qui quittent par la suite l’armée, s’ils ne trouvent pas le boulot qu’il faut, soutient-il. Il en veut pour preuve que les dernières études faites sur l’armée Bissau-guinéenne ont montré qu’en dehors de ceux qui sont sous le drapeau, il y au moins 200 000 hommes qui savent au moins toucher une arme ou manier une arme. « Cela est un danger permanent pour la démocratie et pour le pays » déclare-t-il. C’est pourquoi Alain Yero Embalo est d’avis que si on ne dégraisse pas cette armée, si on ne les conscientise pas et qu’on ne trouve pas de débouchés pour ceux qui sortent des casernes, il y aura toujours des problèmes en Guinée-Bissau. Une manière pour lui de lier toutes ces crises à répétions en Guinée-Bissau à ces problèmes cruciaux qui n’ont pas été réglés. Et c’est dire donc qu’il va falloir faire, estime-t-il,  des réformes qui vont passer d’abord par l’harmonisation entre les différents groupes ethniques dans l’armée où environ 70% de l’effectif sont, affirme-t-il, de l’ethnie balante et 85% des officiers supérieurs de ce même groupe ethnique. « Il faut un équilibre qui va passer par des études, la sensibilisation qui sera colorée par une réforme pour cette armée » espère le journaliste Alain Yero Embalo.      

Auteur: Tapha I. BADJI
Date de publication: 2020-01-17 08:42:17
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