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KOLDA : La règle des 3B, le tabagisme féminin et l’alcoolisme font des ravages

Scoopsdeziguinchor.Com : Kolda, région située à l’extrême sud du pays, est en passe de devenir une région où boire de l’alcool et fumer deviennent des pathologies. Depuis quelques années maintenant ces phénomènes semblent connaître un boom dans le milieu juvénile à cause de l’oisiveté et du désœuvrement chroniques des jeunes.
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S’il y’a un phénomène devenu de nos jours préoccupante dans la commune de Kolda et environs, c’est bien l’oisiveté et le désœuvrement des jeunes.

Le département ne dispose que d’une seule unité industrielle (Sodefitex) capable d’employer le maximum de jeunes à titre de journalier. Malheureusement cette usine ne fonctionne que le temps d’une campagne qui ne dure que 3 mois pour la plupart du temps pour les jeunes. Une jeunesse désœuvrée, mal formée sur le plan professionnel.

Cette réalité d’autant plus difficile et triste que beaucoup de jeunes deviennent des abonnés du « Barada » (théière, ndlr). Pour certains jeunes, la règle des 3B est la meilleure ; à savoir : « Barada, Ballade, Bal ».

Selon Abdoulaye Cissé, président de la convention des jeunes de Kolda « Kolda manque de tout. Les structures à mesure de prendre les jeunes en charge sont inexistantes ». Un constat unanime qui révèle que Kolda n’a bénéficié d’aucune infrastructure capable d’occuper les jeunes.

A en croire le président de la convention « il n’y à ni centre culturel ni bibliothèque digne d’une capitale régionale pour permettre à une jeunesse assoiffée de savoir et en quête d’informations pour mieux s’instruire.

Que dire de l’accès aux projets ? « Rien du tout ; sinon des discours politiciennes » dira notre interlocuteur. Avant d’ajouter : « les projets ficelés dans le cadre du FNPJ sont dans les placards. Le plan REVA qui avait suscité beaucoup d’espoir chez les jeunes n’était que de la poudre dans les yeux, et face à cette situation les jeunes n’ont d’autres issues que de tenter l’émigration pour un bien-être social mais malheureusement ils ont tous péri dans l’eau.»

Toujours selon notre M. Cissé « ceux qui sont restés n’ont d’autre choix que de compter les poteaux à longueur de journée ou se lancer dans la drogue à cause du désœuvrement au moment où ceux qui sont censés les aider se promener tranquillement à Dakar dans les lieux huppés ».

L’alcoolisme, un fléau

Naguère réservé aux personnes d’un certain âge et d’une certaine moralité mais aussi aux prostitués, l’alcoolisme est en phase de devenir un fléau des temps modernes à Kolda au point de susciter de vives inquiétudes chez les parents. « Il y’a quelques années de cela, le fait de voir un jeunes ivres jetait une honte sur toute la famille et l’entourage même de l’intéressé ; mais voilà que ce phénomène est devenu banale à nos jours dans une société ou 95 % de la population est musulmane » nous a confié le vieux Demba, un retraité de la SONACOS habitant un quartier populaire de la commune, Sikilo.

Et selon toujours notre sexagénaire «le plus troublant dans cet alcoolisme galopant chez les jeunes, c’est que la plupart d’entre eux sont issus de bonnes familles. Des jeunes, à qui l’on ne connaît aucune ascendance alcoolique, s’adonnent à une telle pratique. Dans les quartiers périphériques de la commune existent plusieurs clandos ou bistrots où l’alcool coule à flot. Des endroits très fréquentés par les jeunes ! »

Dans les établissements classiques, surtout les jours de soirées dansantes, les bouteilles et autres canettes de boissons alcoolisées se comptent plus que celles dites sucrées. Et pourtant la plupart des jeunes saoulards rencontrés ont du mal à exprimer ce pourquoi ils se saoulent la gueule.

Bouteille à la main, Demba soutient « je n’ai rien à faire donc je bois pour me débarrasser un peu des soucis. Mais pour le moment mon père ne sait pas que je touche à l’alcool ». Bina, la trentaine révolue, explique que « c’est juste pour du plaisir, simple feeling, un tic, deux et c’est fini ». A la question de savoir s’ils sont conscients des dangers qu’ils courent en prenant de l’alcool à cet âge, la réponse est « oui, nous sommes conscients, mais quand on est jeune, parfois il faut avoir des vices pour être en phase avec le temps » rétorque Bina.

En tout état de cause l’alcoolisme prend de l’ampleur chez les adolescents et si on y prend garde, c’est toute une génération qui risque d’être sacrifiée.

Quand les filles fument plus que les garçons

Elles sont de toutes les catégories socioprofessionnelles et de tous les âges, ethnies et confessions religieuses : coiffeuses, élèves, secrétaires, bonnes, agents de l’état et autres. Les boites de nuit sont devenues de véritables pots d’échappement du fait que la plupart qui les fréquentent se remplissent les poumons.

« Je fume pour faire chic et m’affirmer » nous a dit K. D. et pour sa copine « se libérer ». Dans certains établissements scolaires, la récréation n’est plus celle de laquelle on profite pour se mettre à jour ou demander quelques notes oubliées. Elle est plutôt le moment d’aller s’entasser dans les toilettes ou aux alentours pour fumer tranquillement.

« Ils nous arrivent de trouver des mégots dans les toilettes du fait des filles mais cela ne va nulle part, les sanctions sont sans effet parce que souvent ce sont des filles de personnes bien placées et influentes du milieu que le phénomène de mode à transformer en des filles de mauvaises mœurs » d’après M. B, surveillant dans un établissement de la place.

« C’est pourquoi, dira ce chef d’établissement, que la législation doit prévoir d’autres sanctions plus drastiques pour mettre fin à ces pratiques qui n’honorent point les institutions scolaires qui devraient être des lieux de savoir plutôt que ceux de déperdition

Auteur: La Rédaction
Date de publication: 2010-06-06 21:09:53
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