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Diaobé ou le royaume des robinets ambulants

Scoopsddeziguinchor.Com : Réputé pour la variété de ses produits et le nombre d'individus de diverses nationalités qui y séjournent par semaine, Diaobé souffre aussi de plusieurs maux dont le manque d'eau courante dans les concessions. Une situation qui a favorisé la naissance du métier de vendeurs d'eau potable par des jeunes sur un pousse-pousse.
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L’étranger qui débarque pour la première fois dans le Diaobé est frappé d’abord par le nombre de pousse –pousse chargés de bidons d’eaux de 20litres. Ces voitures légères à deux roues tirées par de robustes gaillards tous de nationalité guinéenne circulent dans tous les sens à Diaobé pour vendre de l’eau aux revendeurs, acheteurs et les populations locales. Certains esprits taquins ont fini de baptiser ce village crée par Kolyel Diao en 1810 « le royaume des robinets ambulants ».

Ces vendeurs du liquide précieux jouent un rôle importants dans ce marché à vocation sous régional qui regroupe toutes les semaines plusieurs milliers de personnes pour diverses activités : commerce, prostitution, banditisme, trafic de drogues ou de marchandises mais également de la contrefaçon. Malgré le développement exponentiel de ce marché, un seul forage vieux de plusieurs décennies est fonctionnel sans branchements sociaux ni bornes fontaines publics. Pour avoir de l’eau les populations sont obligées de faire plusieurs kilomètres avant d’arriver au forage.

La seule alternative pour étancher leur soif, c’est de se tourner vers ces tireurs de pousse –pousse. Et là, le prix est bien fixé dans le marché. Selon El hadj Diallo, tireurs de pousse –pousse « un bidon de 20 litres coûte 25 f à la source et 75 f aux clients ». Il poursuit : « il n’y a pas de tracasserie dans ce commerce. Il suffit seulement de payer la taxe et suivre les instructions des préposés à la sécurité et à l’ordre les jours de « louma » pour s’en sortir. Notre seul problème est l’état des routes qui mènent chez nos clients ».

« Parce que dit –il, nous sommes obligés de fournir beaucoup d’efforts ». Un second interlocuteur, toujours de nationalité guinéenne, ajoute qu’« entre mardi et mercredi nous vendons plus de 50 bidons avec 3750f de bénéficie par jours » .Ibrahima Camara, un autre vendeur originaire de Pita en Guinée, éprouve le besoin de se confier à nous. A l’en croire, « nous servons de l’eau à toutes les catégories socioprofessionnelles présentent à Diaobé ».

Et de dévoiler : « pour les agents de l’Etat, c’est sous forme de bons jusqu’à la fin du mois parce qu’il y’a un contrat de confiance entre nous ». Une révélation confirmée par cet agent de sécurité qui a préféré garder l’anonymat. Selon lui, « non seulement ils nous aident mais on se demande s’il n’y avait pas ces braves garçons comment on vivrait à Diaobé ».

Les tireurs de pousse - pousses ne se plaignent pas

A la question de savoir si ce métier nourrit bien son homme, la réponse est unanime pour l’ensemble de nos interlocuteurs. « Nous ne nous plaignons pas tellement. Cela vaut mieux que rien, surtout face à la conjoncture qui sévit en Guinée » répondent –ils en chœur. Ce à quoi semble adhérer Fodé Bangoura, un autre guinéen : « j’envoie à mes femmes et les enfants qui sont restés en Guinée 60 000f par mois et je me prends en charge entièrement à Diaobé avec le produit de mon métier ».

Sans trop se poser des questions, on peut aisément deviner que le métier de tireurs de pousse –pousses nourrit bien son homme à Diaobé. Les usagers pour leur part ne cachent pas leur satisfaction mais désirent voir l’extension et l’adduction de l’eau courante dans le village pour éviter certaines maladies diarrhéiques. M. Talla, professeur de mathématique au CEM de Diaobé dit « ne pas douter de la qualité de l’eau du forage mais ignore les conditions de transport et de conservation de cette eau entre la source et la destination où elle peut être souillée ».

Pour son collègue du même établissement M. Ciss « ce marché mérite plus d’attention de la part des pouvoirs publics vu la manne financière qu’il génère par mois ». Il attire l’attention de ces derniers sur « les dangers liés à cette forte concentration humaine sans disponibilité d’eau courante le jour où la maladie des mains sales fera son apparition à Diaobé ». Car dit –il « faute d’eau disponible dans tous les foyers, une bonne frange de la population est obligée de se rabattre sur les puits ». Parce que, conclut-il « le prix proposé par les vendeurs n’est pas à la portée des familles nombreuses qui sont obligées d’acheter plus de 5 bidons par jour en cette période de canicule où le thermomètre affiche 40 degrés les après-midi ».

Mouhamadou Mousthapha YAFFA pour

Auteur: La Rédaction
Date de publication: 2010-06-13 13:16:19
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