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LE ’’MOONDE’’ OU LA FETE DES VACHES : MOMENT DE COMMUNION ENTRE L'HOMME ET L'ANIMAL

Scoopsdeziguinchor.Com : L’élevage pratiqué par les populations de la Haute Casamance constituée à majorité de peuls et des minorités telles que les mandingues, les Sarakolés et autres, est un élevage contemplatif. Ceci pour dire que l’éleveur plus particulièrement peul accorde plus d’intérêt à la taille du troupeau, à la beauté de la robe des sujets ou à la forme des cornes qu’à la viande qu’il pourrait en tirer.
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Pour ces éleveurs, leurs habits, l’alimentation et la santé de la famille est secondaire par rapport à l’affection donnée aux animaux. Le noyau de base du troupeau provient généralement d’un héritage ou d’un don par mariage. Le prestige ou la respectabilité d’une famille dépendait dans une large mesure du nombre de bêtes notamment des bœufs dont la famille disposait.

Pour se marier le peul est tenu de respecter plusieurs conditions dont l’octroi d’une génisse et d’un taureau à sa fiancée, symbole de l’union de ces deux individus appelés à vivre pour le meilleur ou pour le pire. Il faut à cette logique héritée des anciens, l’honneur et la fierté que l’on peut avoir en tant que plus grand éleveur de la contrée. Une « boomanie » que tout individu peut avoir par rapport à l’animal qu’il a vu naître et grandir. Le bétail est un animal sacré pour le peul. D’ou la pertinence de la pratique du « moondé » ou la fête des vaches.

L’organisation du « moondé »

Cette pratique traditionnelle qui consiste à donner aux vaches un mélange de gombo sauvage (appelé lakadié chez les peuls), de la poudre du « lalori » et du sel. Ce mélange très gluant permet de lutter contre les plaies intestinales, de déparasiter les vaches. La veille de la cérémonie c’est toute la famille, les parents plus particulièrement les femmes qui se réunissent dans la cour de la maison du propriétaire des vaches pour piler les substances destinées à cette fête.

Apres cette partie très importantes, et selon la tradition, cette phase renseigne les vaches sur la tenue de la cérémonie le lendemain. Selon Samba Diao « dès que les femmes démarrent à piler malgré la distance qui séparent le troupeau à la concession, les vaches sont agitées ; ce sont des beuglements qu’ils poussent régulièrement». Il poursuit : «là, un initié sait qu’il y aura l’organisation du « moondé » ». Tôt le matin, les jeunes creusent des trous dans une zone de parcours du bétail avec suffisamment de trous impairs proportionnels au nombre de bœufs.

Et c’est là que le mélange sera versé, avec un trou en avant, lieu de tout le secret que comporte cette cure salée. Apres cette préparation minutieuse, un jeune valide va au troupeau, une calebasse à la main et donne le coup d’envoi en tapant la calebasse. Sur une distance au moins de 1 km les vaches vont se livrer à une course poursuite et la première vache à boire le contenu du premier trou en forme triangulaire est sacrée championne et le propriétaire de cet animal est couronné de succès, très fier. Son animal sera couvert de beurre de lait conservé pour la circonstance, bien traité parce qu’il a consacré la fierté du propriétaire .Mais également les participants à la fête seront bien servi.

Cette fête est organisée au moins trois fois dans l’année et suivant les possibilités de l’éleveur. Selon Amadou Kandé, éleveur, « il se fait en trois étapes, début hivernage, au milieu et à la fin de l’hivernage et seulement mercredi et samedi ».

La portée mystique du « moondé »

En dehors de ces vertus thérapeutiques, le fête des vaches est le moment idéal pour les éleveurs pour montrer leur savoir et leur capacité de préserver intact leur bétail et de sa multiplication.

Samba Diabou, chef de village à Sare Moundé Bothié révèle : « le moondé, ce n’est pas uniquement pour aiguiser l’appétit des vaches et les protéger contre certaines maladies, c’est également pour protéger nos animaux contre les personnes malintentionnées ». Pour cela informe l’octogénaire « on broie les mille-pattes dans le mélange destiné au moondé et une fois tout ce mélange bu, l’animal est difficilement volé ».

Selon une autre source bien ancrée « l’utilisation du crâne de singe dans le moondé et sur l’autel sacré du pâturage évite le dispersement des animaux.» Faisant allusion aux comportements des singes qui ce déplacent en meutes. Interrogé l’inspecteur départemental de l’élevage a dit que « cette pratique est très ancrée dans les traditions et pourtant il y a assez de médicaments capables de déparasités les animaux. Donc face à cette croyance et malgré la sensibilisation il nous est difficile de faire changer de comportement ». Selon lui, « la conséquence, c’est qu’après chaque cérémonie on enregistre des mortalités».

Pour son collègue Dr Bobo Sow « le moondé est pratiqué partout dans le Sahel c’est la manière de faire qui diffère d’une localité à une autre et il a l’avantage de permettre à l’animal de prendre le maximum d’aliment dont il a besoin dans un Sahel où la saison de pluie est de 4 mois. »

MOUHAMADOU MOUSTAPHA YAFFA pour …

Auteur: La Rédaction
Date de publication: 2010-09-29 08:25:43
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