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Bignona/Djignaky/Projet J2F : Une réponse à la résilience et à la Sécurité alimentaire des producteurs forestiers

Scoopsdeziguinchor.com : Cibler les communautés pour une meilleure valorisation des produits forestiers de la Casamance à travers une assistance pratique pour développer et mettre en œuvre des plans de résilience communautaires, y compris des activités telles que l’agroforesterie, les bonnes pratiques forestières, l’autonomisation des femmes avec au total 2200 bénéficiaires. Tel est le sens du Projet Juicing Justice for Farmers (J2F) d’une durée de 4 ans et d’un cout estimé à 600 millions de FCFA ; un projet dont les activités ont été soumises à une évaluation le 6 janvier dernier à Djignaky 

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Le projet Juicing Justice for Farmers (L’équité des producteurs de jus de fruits) d’une durée de quatre (04) ans (2016-2020) intervient dans cinq communes du département de Bignona ; à savoir les communes de Djignaky, d’Oulampane, de Sindian, de Kartiack et de Tenghory. Son objectif est d’améliorer la sécurité alimentaire et la résilience des petits producteurs dans ces communes du département de Bignona ; et ce, en les connectant aux marchés. Il s’agit en outre d’améliorer la qualité des produits forestiers, Madd, Ditakh et Bouye (pain de singe) vendus aux partenaires du projet, de promouvoir le commerce équitable et d’augmenter les revenus et le bien-être social des populations bénéficiaires. Exécuté en partenariat avec Zena Exotic Fruits et Baobabs des Saveurs, ce projet entend contribuer aux efforts de développement et de solidarité dans la mise en œuvre d’un programme d’organisation de la chaine de valeur des fruits forestiers ; la mise en  œuvre de la dynamique communautaire dans le renforcement des capacités ; des initiatives de commerce équitable et de certification des produits et la perspective d’installer une autonomie économique de la femme dans ces communes.

Ces collectivités bénéficiaires sont pour la plupart déficitaires en souveraineté ; des communes obligées parfois de solliciter, souligne l’adjoint au maire de Djignaky, les services plus accessibles et plus disponibles de la république sœur de Gambie ; et ce, pour avoir vécu un conflit de plus de 30 ans de ni paix ni guerre. Une situation qui, de l’avis de Bécaye Diédhiou, a occasionné la vulnérabilité des populations notamment des femmes et favorisé l’exode rural des jeunes qui ont abandonné les exploitations des fruits forestiers pour espérer un avenir meilleur loin de leurs terroirs. « Le Dalassi qui circule dans ces communes frontalières de la Gambie en est la parfaite illustration du fait d’un commerce désorganisé dans tous les secteurs et dans toutes les filières » soutient l’adjoint au maire de Djignaky. Et c’est d’ailleurs  de l’importance et des enjeux du projet J2F que le conseil municipal de Djignaky dirigé par Moustapha Lo Diatta a, renseigne-t-il,  mis à la disposition du projet des terres pour la construction du centre de stockage des fruits et pour l’installation d’une unité semi-transformation.

Et avec le Projet J2F soutient Meissa Aw le chef dudit projet, c’est aujourd’hui 2200 producteurs collecteurs des fruits forestiers des cinq communes bénéficiaires qui sont organisés collectivement en 44 groupes de GIE et qui accroissent leur influence au sein des chaines d’approvisionnement. « Et l’objectif est de les fédérer en une organisation faitière en 2018 » déclare-t-il. Le chef du projet qui a tiré un bilan satisfaisant de deux ans d’activités du projet (2016-2017). Car pour Meissa Aw, les producteurs victimes du conflit et jadis laissés en rade sont aujourd’hui engagés pour l’atteinte des objectifs du projet ; à savoir améliorer la sécurité alimentaire et la résilience des petits produits producteurs entre autres. « L’intérêt étant de valoriser les produits forestiers de la Casamance ; et ce projet est venu pour organiser la chaine des valeurs de telle sorte que l’intervention des intermédiaires soit réduite dans les négociations entre producteurs et acheteurs » ajoute-t-il. 

Partenaire du projet Pierre Gilles Comerge directeur Baobab des Saveurs de Thiès s’active depuis deux ans dans la valorisation des produits locaux au niveau de ces cinq communes cibles du département de Bignona dans le cadre de la Certification en agriculture biologique des fruits de baobab. Selon lui, ce programme est arrivé à organiser en 44 GIE 2200 producteurs qui s’activent soit dans la collecte de Bouye soit dans la collecte de Ditakh, de Madd ou d’autres spéculations. Cela permet d’avoir, a-t-il dit, des interlocuteurs directs, de fixer une fois par an les prix de manière équitable. Toute chose qui permet d’avoir des produits de très bonne qualité, argue-t-il. Pour Alister Lepétain de Traidcraft spécialisé en commerce équitable sa structure est présente dans ce projet pour lutter contre la pauvreté et pour la préservation de l’environnement au niveau des collectivités cibles du département de Bignona.

Venu partager avec la commune de Djignaky et les partenaires au développement cet atelier d’évaluation de deux ans d’existence et de mise en œuvre du projet Juicing Justice for Farmers (2JF) le Sous-préfet de Kataba I a fortement apprécié cette initiative qui a réuni le temps d’une journée tous les acteurs du projet. Youssou Faye pour qui, la communication, la sensibilisation et la conscientisation des acteurs ont été accentuées au cours de cette rencontre afin de mieux aplanir les difficultés et de se projeter vers un avenir meilleur ; et ce, dans une zone qui a été longtemps, note-t-il, l’épicentre du conflit et qui pendant une trentaine d’années a vu son tissu économique et social fortement perturbé. C’est dire qu’après la création au niveau de l’arrondissement de Kataba I d’un marché hebdomadaire qui pourrait constituer une plaque tournante commerciale de l’arrondissement, ce projet J2F qui favorise la synergie des forces vives de cet arrondissement et de la commune de Djignaky entend, selon lui, créer les conditions nécessaires au développement économique et social et surtout à l’épanouissement des populations. Des bénéficiaires qui méritent aujourd’hui, après cette longue période successive de tensions et de conflit, d’aspirer plus que jamais à la paix. Mais une paix sous-tendue, selon Youssou Faye, par un développement économique et social harmonieux mais aussi par un équilibre écologique dans une situation de réchauffement climatique. 

Disséquant sur l’intérêt de ce projet au niveau des collectivités bénéficiaires, Samba Sané producteur originaire du village de Django dans la Commune d’Oulampane estime que celui-ci  est venu à son heure au niveau de leurs terroirs. Car c’est un projet qui a, dit-il, mis un frein à l’exode rural aussi bien chez les jeunes qu’au niveau de la gent féminine de leurs localités. Samba Sané pour qui il y a une amélioration notoire de leurs revenus du fait de la commercialisation de leur production de Ditakh, de Madd et du pain de singe et avec une bonne maitrise des techniques de reboisement dans le cadre de la préservation de leur environnement. S’y ajoute que c’est un projet qui a, poursuit-il, beaucoup participé à la consolidation de la paix au niveau de la commune d’Oulampane qui polarise, note-t-il, 48 villages frontaliers de la Gambie et qui est dépourvue de tout.

Pour répondre ainsi aux exigences du marché et atteindre la durabilité environnementale, il ressort de l’évaluation du projet axé sur le commerce équitable de produits forestiers organisé à Djignaky que ce sont 2200 producteurs qui ont, grâce au projet J2F, amélioré leurs pratiques de production et de récolte de fruits forestiers. Des producteurs collecteurs capacités notamment aux bonnes pratiques forestières, à l’agroforesterie, aux bonnes pratiques agricoles. Ainsi 2197 producteurs soit 1291 femmes et 906 hommes ont participé à des activités de formation liées à l’amélioration des pratiques de production agricoles et forestières ; 2150 agriculteurs soit 1274 femmes et 876 hommes ont participé à des activités de formation liées à l’agroforesterie au niveau des cinq communes bénéficiaires du projet. Et ce, en plus de la construction de deux centres de collecte des fruits forestiers à Djignaky et à Bignona.

Auteur: Tapha I. BADJI
Date de publication: 2018-02-09 20:26:44
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