www.scoopsdeziguinchor.com: Depuisquelque temps, un bruit de fond stériles’est installé dans l’espace public. Desacteurs de tous bords s’érigent en censeurs, s’empressant de décrier, de décortiquer et de sur-interpréter les propos des uns et des autres concernant les relations entre le Fogny et le Blouf.
À ces entrepreneurs de la polémique et à ceux qui s’activent pour porter une réplique souvent agressive : taisez-vous. Personne ne vous a mandatés. Vous n’avez reçu aucun mandat des populations pour attaquer des discours qui, dans une démocratie majeure, relèvent simplement de la liberté d’expression.
#Le mépris des sachants face au non-sens.
Que les agitateurs politiques et les donneurs de leçons le sachent bien : nous, les sachants, observons ce cirque avec un calme olympien. Nous prenons ces tentatives d’étincelles pour ce qu’elles sont : du non-sens absolu. Ces querelles de clocher n’ont aucune importance et, surtout, elles n’ont aucun pouvoir pour diviser les populations de ces deux contrées historiques.
Il est tout à fait normal que des frustrations s’expriment. Dans la vie d’une société, la frustration pousse parfois les gens à réagir, à formuler des critiques ou à exprimer des désaccords. Nous trouvons cela normal, sain et sans gêne. Vouloir museler ces voix ou s’en offusquer par pur calcul politique est une erreur. Laissez les gens jouir de la liberté de s’exprimer et de dire ce qu’ils pensent sur la bonne marche de nos sociétés. Le vrai danger n’est pas la parole libre, c’est l’instrumentalisation de cette parole par des tiers en quête de buzz ou de positionnement politique.
#Des siècles de symbiose : de la démographie au Siyeute.
Ce prétendu débat que vous tentez d’installer entre le Blouf et le Fogny n’a pas sa raison d’être. Il est insensé, car il se heurte à un mur infranchissable : l’Histoire, la géographie et le sang. Le Blouf et le Fogny sont deux contrées qui se servent mutuellement depuis des siècles. Leurs destins sont si intimement liés qu’il est impossible de tracer une frontière entre eux sans déchirer des familles.
Regardons la démographie et l’histoire du peuplement : combien de fils et de filles du Blouf sont partis s’installer durablement dans le Fogny ? Combien y ont fondé des quartiers, voire créé leurs propres villages, y trouvant une seconde patrie ?
Sur le plan économique et agricole, les deux terroirs respirent ensemble. Comment oublier cette tradition séculaire des activités agricoles saisonnières dans cette zone, communément appelée SIYEUTE ? Depuis des générations, des familles entières du Blouf migrent temporairement vers le Fogny pour les travaux des champs. Cette tradition demeure vivante.
Économiquement, la terre généreuse du Fogny a contribué à l’émergence financière et à la survie de très nombreuses familles en Casamance. Le Fogny fut, est et demeurera toujours une terre d’accueil indéfectible, à l’image de toutes les autres contrées de la Casamance.
#Le sang et l’avenir : pour une mutualisation des forces.
Au-delà de l’économie et de la géographie, il y a le ciment le plus solide : l’alliance par le sang. Les mariages croisés entre les enfants du Blouf et du Fogny se comptent par milliers. On ne divise pas un peuple qui partage les mêmes cours de concession, les mêmes tables et les mêmes lignées maternelles et paternelles.
C’est pourquoi nous disons aux acteurs politiques et aux opportunistes de la réplique : mêlez-vous de vos politiques ! Laissez le Fogny et le Blouf en dehors de vos calculs partisans. Les relations entre nos deux contrées sont trop précieuses, trop sacrées pour être sacrifiées sur l’autel de vos ambitions du moment.
Aujourd’hui, notre seul et unique devoir n’est pas de polémiquer sur ce qui nous différencie, mais de regarder vers l’avenir. L’urgence est de voir comment mutualiser nos forces pour bâtir un développement solidaire, durable et digne pour toute la région. Le reste n’est que distraction.
Ousseynou Mané.








